1 Tora mi-Tsiyon, Koh’av Yaacov
02-9972023, 02-9974924

Pinhas – Entre ceux-là la Terre sera partagée

Pinhas – Entre ceux-là la Terre sera partagée

Rav Nahum Botschko
La paracha de cette semaine comporte la description de la manière dont la terre d’Israël sera partagée entre les tribus : par tirage au sort !
C'est entre ceux-là que la terre sera partagée en héritage, au nombre des noms. Au grand tu agrandiras son héritage et au moindre tu amoindriras son héritage … Toutefois, c'est au sort qu’on partagera la terre, au nom des tribus de leurs pères ils hériteront. Selon le sort son héritage sera partagé au grand et au moindre. (Nombres xxvi, 53-56)
Les Sages (Talmud Baba Bathra 122a) nous ont enseigné de quelle manière s’effectuerait le tirage au sort et Rachi en rend compte dans son commentaire sur le verset 56 : « le tirage au sort s’effectuait selon l’esprit de sainteté … Eleazar le grand-prêtre était revêtu des Ourim et Toumim et disait d’après l’esprit de sainteté si telle tribu monte – tel domaine monte avec, etc. »
C’est donc en fait sous inspiration prophétique que le partage devait s’effectuer. Quelle est donc la signification du tirage au sort?
Rabbi Samson Raphaël Hirsch explique : « il en ressort que la terre devait être partagée de sorte que chaque tribu, et au sein de chaque tribu chaque famille, et dans chaque famille chaque personne recevrait son héritage qui lui revenait spécifiquement … cela constitue l’accomplissement du caractère fondamental du peuple d’Israël, diversité des tribus et des familles, tout en préservant l’unité spirituelle et morale… chaque tribu, chaque branche chaque maison avait sa spécificité et cette spécificité devait trouver le lieu qui lui convenait et où elle se développerait sur le terrain commun de la Thora. »
Il en résulte quelque chose de vraiment extraordinaire : chaque tribu et chaque famille possède son propre lieu géographique et ce n’est qu’en ce lieu que pourra se dévoiler le potentiel qui est sien en fonction de ses caractéristiques propres ! une telle répartition merveilleuse ne peut se faire par les chefs du peuple mais uniquement par Dieu, seigneur de la terre et connaissant les secrets de tout vivant.
De nos jours, la répartition du pays entre les tribus n’a pas cours, et nous sommes incapables de savoir à quelle famille convient quelle partie du pays. Mais nous savons pourtant que le peuple d’Israël – et c’est vrai aussi de chaque membre du peuple – ne peut se développer pleinement qu’en Eretz-Israël.
Rabbi Yéhouda Halévi a bien décrit cela dans son Kouzari (deuxième discours, 12) :
« Vous dites de votre montagne que la vigne y réussit bien. Mais si on n'y plantait pas de ceps et si on ne la cultivait pas comme il faut, elle ne produirait pas de raisin. » C’est dire que pour qu’y pousse la vigne, il ne suffit pas de choisir un terrain propice ; el faut encore la graine du fruit, le travail de l’homme et en fin de compte le sol fertile.
La graine, c’est le peuple d’Israël ; le sol fertile, c’est la terre d’Israël ; et le travail de la vigne, c’est la pratique de la Thora et des Mitzvoth.
Pour que le peuple d’Israël parvienne à la productivité maximum, il doit être implanté en Eretz-Israël et y pratiquer la Thora et les Mitzvoth.
Rabbi Yéhouda Halévi souligne aussi : « à la différence de la vigne qui peut produire ses fruits en un autre lieu (et pas seulement sur la montagne) le peuple d’Israël ne peut s’attacher au projet divin qu’en cette seule terre ! »
Quiconque obtient d’habiter sur cette terre doit apprécier la faveur dont il est l’objet ; et que ceux qui n'y sont pas encore parvenus s'efforcent de méditer l’enseignement du Kouzari.

Traduit par Rav E. Simsovic

 

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