1 Tora mi-Tsiyon, Koh’av Yaacov
02-9972023, 02-9974924

Pinhas – Apprendre à vivre : La leçon de Moshé

Pinhas – Apprendre à vivre : La leçon de Moshé

Rav Nahum Botschko
« Et Moshé parla à Hachem pour dire : veuille Hachem, Dieu des esprits de toute chair, établir un chef sur l’assemblée » (Nbres xxvii, 15-16).
Moshé apprenant que sa mort est prochaine, se tourne immédiatement vers Hachem afin de le prier de lui trouver un remplaçant digne de diriger le peuple d’Israël.
Le verset qui introduit cette prière n’est pas sans problème. En effet, dans la formule à laquelle nous sommes habitués : « Hachem parla à Moshé pour dire », l’expression « pour dire » est expliquée par nos sages comme signifiant « pour que Moshé aille dire aux Hébreux, et rende compte à Hachem de leur réaction ». Mais à quoi peut s’appliquer le « pour dire » quand la parole est adressée par Moshé à Hachem ? N’est-ce pas là une expression superflue et même déplacée ? Hachem serait-il supposé « faire suivre » les propos de Moshé à une autre instance ?
Une question analogue se pose à propos d’une autre prière de Moshé (Deut. iii, 23) : « j’ai supplié Hachem en ce temps-là, pour dire ». Là, Moshé cherche à obtenir d’Hachem la permission d’entrer en Eretz-Israël. Et une autre fois encore, priant pour la guérison de sa sœur Myriam (Nbres xii, 13), « Moshé s’exclama vers Hachem pour dire ». Ce « pour dire » semble superflu dans ces deux versets aussi.
Rachi explique le verset du Deutéronome comme étant « l’un des trois cas où Moshé a dit à Hachem : je ne te lâcherai pas tant que Tu ne m’aies dit si Tu accédais à ma demande ou non », les commentateurs de Rachi indiquant qu’il s’agit précisément des trois versets que nous avons cités. Moshé y prie Hachem et lui demande avec insistance de lui dire s’il exauce sa prière ; tel est le sens du « pour dire » dans ces versets (voir Mizrahi et Sifté Hakhamin sur Deut. iii, 23).
Ces trois prières de Moshé représentent trois domaines de la vie humaine.
A. D’une part, le domaine personnel : Moshé a finalement accepté le fait de n’être pas le chef approprié à faire entrer Israël sur sa terre. Mais il reste qu’il désire de tout son cœur pouvoir y entrer comme simple homme du rang, à titre privé. Telle est en effet l’importance, la valeur d’Eretz Israël. Quiconque y réside s’y attache à la Présence divine ; c’est un lieu dont la Thora dit que « les yeux d’Hachem toujours y sont fixés… » (Deut. xi, 12).
B. D’autre part, le domaine familial : Moshé intercède auprès d’Hachem pour la guérison de sa sœur Myriam.
C. Le domaine national, enfin : Moshé ne laisse pas Hachem en paix tant qu’il n’est pas assuré qu’il existe un chef digne de lui succéder. Rachi lui-même (Nbres xxvii, 15) souligne le dévouement de Moshé pour son peuple : « c’est pour faire connaître la louange des justes : lorsqu’ils s’apprêtent à quitter le monde, ils laissent de côté leurs préoccupations personnelles pour se soucier des besoins de la collectivité. »
L’attitude de Moshé dans sa prière doit nous servir de leçon : nous devons tendre de toutes nos forces – tant dans nos prières que dans nos actes – à réaliser du mieux que nous pouvons notre service personnel d’Hachem, nos devoirs envers notre famille et nos proches et le dévouement sans faille qui nous incombe pour le bien de tout Israël.
Traduit et adapté par R.E.Simsovitch

 

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