1 Tora mi-Tsiyon, Koh’av Yaacov
02-9972023, 02-9974924

Pinhas – « Vois la terre » et le sens de cette vision

Pinhas – « Vois la terre » et le sens de cette vision

Rav Nahum Botschko
« Hachem dit à Moïse : monte sur ce mont des Avarim et vois la terre que J’ai donnée aux Enfants d’Israël ; tu la verras et tu t’adjoindras à ton peuple. » (Nombres xxvii, 12)
Deux fois dans ce verset le texte mentionne le fait de « voir la terre ». Et la raison pour laquelle Moïse doit voir la terre où il ne doit pas entrer n’est d’ailleurs pas du tout claire.
Rabbi Hayyim Benattar, l’auteur du Or HaHayyim, explique d’après le midrach Sifré : « Hachem lui a montré d’un regard miraculeux ce que l’œil est incapable de voir naturellement à la lumière du soleil, si ce n’est – comme on le sait – grâce à la lumière cachée. Et le Sifré : « Rabbi Aqiba a enseigné – la Thora nous informe que Dieu a montré à Moïse toutes les demeures d’Eretz Israël comme une table dressée…
Rabbi Eliézer enseigne – Il a donné aux yeux de Moïse la force de voir d’une extrémité du monde à l’autre. » C’est-à-dire que cette vision n’est pas une manière habituelle de voir, mais une manière miraculeuse et spirituelle.
Nos Sages nous parlent d’une telle manière de voir également dans le cas du Premier Homme, dont il est dit (Haguiga 12a) : « Rabbi Eleazar a enseigné – la lumière que le Saint béni soit-Il a créée au premier jour, l’homme voyait grâce à elle d’une extrémité du monde à l’autre. Le Saint béni soit-Il ayant considéré la génération du Déluge et la génération de la Tour de Babel et ayant vu que leur conduite était dévoyée, a pris la décision de leur cacher cette lumière. » C’est donc que l’Homme Premier avait aussi la capacité de voir se dérouler à ses yeux toute l’histoire humaine.
On peut dire, d’après cela, que la vision offerte ici à Moïse de la terre d’Israël, vision profonde et intérieure, contenait aussi la vision de l’histoire humaine depuis son commencement et jusqu’à son aboutissement, histoire au centre de laquelle se tient le peuple d’Israël, qui mène cette histoire à l’amendement du monde au travers de son séjour sur la terre d’Israël.
C’est ce qu’écrit le Zohar (Béréchit 31b) : « Elohim dit – qu’il y ait lumière et il y eut lumière. Et cette lumière que le Saint béni soit-Il a créée au commencement, qui est la lumière de l’œil, et qui est la lumière que le Saint béni soit-Il a montrée à l’Homme Premier et grâce à laquelle il voyait d’une extrémité du monde à l’autre, et c’est la lumière que le Saint béni soit-Il a montrée à David et dont il dit la louange (Psaume xxxi) : « combien grande est Ta bonté, que Tu as mise en réserve pour le bénéfice de ceux qui Te craignent, etc. » et c’est la lumière que le Saint béni soit-Il a montrée à Moïse et grâce à laquelle il a pu voir de Gilead jusqu’à Dan… »
Et voici ce qu’écrit à ce propos le rav Kook (Lumières de la guerre, iv) :
« Israël est le miroir universel du monde tout entier. Et aussi longtemps qu’il y a au monde un peuple qui n’est pas parvenu à passer totalement de la puissance à l’acte, avec tout ce dont il est capable, la lumière que recueille Israël est ternie. »
Il existe en effet un lien étroit d’âme à âme entre Israël et les nations et le niveau où parviennent les nations influe sur le peuple d’Israël. C’est pourquoi, lorsque Moïse à contemplé la terre d’Israël, il a pu y voir l’histoire universelle de l’humanité qui s’y trouve impliquée.
C’est aussi ce qu’écrit rabbi Nahman de Braslav : « chacun d’Israël doit toujours contempler la dimension intellectuelle de toute chose et se relier à l’intellect et la sagesse présents en toute chose, afin que l’intellect présent en toute chose éclaire pour lui la voie du rapprochement d’Hachem au travers de cette chose, car l’intellect est une grande lumière qui illumine toute ses voies (Liqouté Moharan 141, §1).
Nous aussi, nous devons examiner d’un regard intérieur tout ce qui se fait pour le peuple d’Israël sur sa terre et nous devons comprendre comment chaque événement particulier affectant notre génération se relie au fil de l’histoire universelle depuis le passé le plus ancien et tend vers l’amendement du monde.

 

Traduit par rav E. Simsovic

 

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