1 Tora mi-Tsiyon, Koh’av Yaacov
02-9972023, 02-9974924

Rav Shaoul David Botschko – Parachat Toledot – Résurrection des morts

Rav Shaoul David Botschko – Parachat Toledot – Résurrection des morts

À l’écoute de la Thora

La mitzva de la semaine

Parachat Toledot

Résurrection des morts

Maïmonide, dans son introduction au onzième chapitre du traité Sanhédrin dont c’est l’un des thèmes principaux, énumère treize principes fondamentaux de la foi d’Israël. Le treizième concerne la foi en la résurrection des morts :

« à savoir que le Saint, Source des bénédictions, fera revivre les morts. »

La résurrection des morts est liée au fait que l’homme ne se réduit pas à son corps. Il est constitué d’un corps et d’une âme qui font ensemble la personne humaine. Celui qui croit que l’homme n’est que corps nie du même coup la résurrection des morts.

L’un des épisodes relatés par la paracha est celui du « plat de lentilles » préparé par Jacob et dont Esaü veut manger gloutonnement. Or, Jacob avait choisi de se consacrer au projet spirituel alors qu’Esaü préférait le projet matériel. Dans l’ordre des choses, c’est lui qui devrait nourrir Jacob et non le contraire. Jacob lui propose alors, puisqu’il en est ainsi, de renoncer à son statut d’aîné. Esaü lui répond :

« Voici que je vais à la mort. Qu’ai-je à faire du statut d’aîné. » (Genèse xxii, 32)

Nos Maîtres (Baba Bathra 16b) reconnaissent dans cette déclaration le rejet de la foi en la résurrection :

« Il a donc nié la résurrection des morts, puisqu’il est écrit “voici que je vais à la mort”. »

Esaü a méprisé l’aînesse qui implique la responsabilité morale de la poursuite du projet d’Abraham et d’Isaac. Il ne se considère pas concerné parce qu’il ne croit pas à la continuité historique par delà la mort. Pour lui, l’homme n’est que corps et à sa mort il disparaît totalement. L’homme doit donc chercher à jouir autant que possible de ce que ce monde peut lui procurer et n’espérer rien d’autre.

Nous ne savons pas du tout comment se présentera la réalité au temps de la résurrection et on a du mal à croire à ce qu’on ne peut pas se représenter. Toutefois, dans sa Lettre au Yémen, Maïmonide nous a livré deux principes directeurs :

  1. La foi en la résurrection des morts est liée à la croyance en la création du monde.

Savoir que le monde a été créé signifie savoir que le Créateur a un projet pour le monde. Et Celui qui a tiré le monde du néant n’a aucun mal à ressusciter les morts.

  • Les notions de « résurrection » et de « monde à venir » ne sont pas synonymes. La seconde concerne le temps des rétributions tandis que la première, chronologiquement antérieure, concerne le retour de l’âme dans le corps.

Ce qui pose la question de la nécessité de cette étape avant le stade de l’éternité. C’est que, précisément, le monde de la Création est celui de l’union de l’âme et du corps. De son vivant, l’homme doit pourvoir aux besoins de l’une et de l’autre, différents les uns des autres et souvent opposés. La vocation de la Création – et donc la nôtre – est de résoudre cet antagonisme. La résurrection permettra d’achever la tâche d’harmonisation et de parvenir prêt à l’entrée dans le monde à venir.

La foi en la résurrection implique la reconnaissance de la Création et de notre rôle qui consiste à réaliser le projet du Créateur.

Shaoul David Botschko


* Traduit de l’hébreu par Elyakim P. Simsovic.

Font Resize
Contrast