1 Tora mi-Tsiyon, Koh’av Yaacov
02-9972023, 02-9974924

Hayé Sarah – L’importance de la paix du foyer

Hayé Sarah – L’importance de la paix du foyer

Rav Nahum Botschko

 

La paracha de cette semaine relate les circonstances du mariage de Yitz‘haq et de Rivqa. Nous nous contenterons ici d’en examiner deux aspects remarquables :
1. Le texte porte (nous en avons fait le titre de cette étude) : « Il prit Rivqa et elle devint sa femme, et il l’aima » (Genèse xxiv, 67)). Il est à noter que Yitz‘haq commence par épouse Rivqa et ce n’est qu’ensuite qu’il l’a aimée.
L’amour entre les membres du couple homme/femme n’est pas la condition initiale du mariage. Il en est la conséquence, et il va grandissant et s’épanouit à l’infini au long de la vie commune ! Au contraire de certaines pratiques répandues dans les mœurs des diverses sociétés où le mariage sanctionne une longue cohabitation prénuptiale, sans engagements réciproques supposés être a priori sans réserve.
D’après la Thora, le mariage est le fondement et le lieu où s’enracine l’amour. Voici, par exemple, ce qu’écrivait le rav Samson Raphaël Hirsch il y a environ cent cinquante ans : « cela aussi est une caractéristique qui, Dieu en soit loué, est restée présente dans l’identité de la descendance d’Abraham et de Sarah – Yitz‘haq et Rivqa ! Plus elle était sa femme et plus son amour pour elle grandissait !
À l’exemple du mariage du premier enfant juif, s’établissent les mariages – la plupart des mariages – en Israël. Non sur la base du désir et de la passion, mais fondés sur les pondérations de la raison… C’est pourquoi, plus ils apprennent à se connaître, plus ils se découvrent l’un l’autre, et plus l’amour grandit. Le mariage, dans la société d’Israël, n’est pas l’apogée de l’épanouissement ; il en constitue la racine ! »
2. Yitz‘haq amène Rivqa à la tente de Sarah, sa mère. Rachi cite le midrach qui enseigne que trois choses avaient disparu lors de la mort de Sarah et qu’elles ont réapparu avec l’arrivée de Rivqa :
a. Une lumière brillait sur la tente de la veille du chabbat à la veille du chabbat ;
b. la bénédiction résidait dans la pâte ;
c. une nuée s’attachait à la tente.
La nuée attachée à la tente fait allusion par avance aux nuées de gloire qui enveloppait les Enfants d’Israël durant la marche au désert. C’est l’expression de la présence de Chékhina qui résidait dans la tente de Yitz‘haq et de Rivqa, comme l’ont enseigné nos maîtres : « si l’homme et la femme sont méritants (en tant que couple), alors la Présence divine réside parmi eux. »
La lumière évoque la paix et l’harmonie du foyer, et l’on sait que tel est aussi la fonction des lumières qu’on allume à la veille du chabbat afin que l’obscurité ne règne pas dans la maison et qu’il n’y ait point lieu de querelle dans la maison.
La bénédiction dans la pâte évoque l’abondance matérielle.
Lorsque la paix règne au sein du couple, la Présence divine réside dans leur demeure et elle pourra être aussi réceptacle de bénédiction matérielle.
Citons, pour finir, ces quelques mots du rav Kook, dans son commentaire sur les aggadoth du Talmud, Ein Aya, Chabbat I, 182 :
« La sainteté de la demeure est le début de la réussite globale de l’ensemble de la nation ; tel le rapport d’une unique famille à l’ensemble de la nation, tel le rapport de Dieu à l’humanité entière. »
C’est dire que la voie de la rédemption du monde commence, au sens le plus élémentaire des termes, dans la paix du foyer.

 

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