1 Tora mi-Tsiyon, Koh’av Yaacov
02-9972023, 02-9974924

‘Houkat – « Alors Israël chanta ce cantique »

‘Houkat – « Alors Israël chanta ce cantique »

Rav Nahum Botschko
Nous lisons dans cette paracha que les Enfants d’Israël chantèrent un chant dans le désert : « Alors Israël chanta ce cantique : jaillis, ô, source ! Acclamez-la ! » (Nombres xxi, 17-20)
Quel est l’objet de ce cantique ? Pourquoi fut-il chanté là et pas ailleurs ?
Les commentateurs s’accordent à dire qu’il s’agit d’un cantique d’action de grâces pour de nombreux miracles dont Israël a bénéficié dans le désert : le puits de Myriam qui a accompagné le peuple d’Israël durant toute la période de la marche au désert pour disparaître à la mort de la prophétesse ; et maintenant, il est réapparu (Kéli Yaqar de rabbi Ephraïm de Lonschitz). « Les victimes amoréennes tombées dans le torrent d’Arnon dont le sang s’est mêlé aux eaux du puits… et le puits faisait jaillir le sang des morts et Israël est témoin de ces représailles, de la manière dont le Saint béni soit-Il guerroie pour eux et décime ses ennemis ; or, eux-mêmes n’en ont pas conscience tant que le puits ne l’a pas dévoilé. Mais alors, aussitôt, ils entonnent le chant » (Rabbénou Béhayé ben Acher de Saragosse).
« Peut-être ce chant a-t-il pour objet la Thora qui est appelée “source d’eau vive !” “Source (puits)”, parce que c’est un des surnoms de la Présence divine supérieure, et “eau vive” parce que la Thora est appelée “eau” » (Or HaHayyim de rabbi Hayyim Benattar).
D’après ces explications, Israël rend grâce dans ce cantique pour deux sortes de miracles : miracles matériels (le puits, la victoire militaire) et spirituels (la Thora). Le dénominateur commun de tous les commentaires est que le cantique concerne les miracles dont Israël a déjà bénéficié depuis longtemps, sans que jusqu’alors Israël n’exprime sa gratitude ni ne chante. Ce n’est que grâce à un dévoilement nouveau que le peuple a pris la mesure exceptionnelle de ces miracles ce qui l’a conduit à chanter. Jusque-là, il était comme inconscient, comme « le bénéficiaire du miracle ne l’identifie pas » (voir Nida 31a).
C’est ainsi que la Guémara (ibid) raconte le cas de deux personnes qui devaient partir faire du commerce et voilà qu’une épine dans le pied empêche l’un d’entre eux de partir. Le voilà qui jure et maudit sa malchance. Le temps passe et lui parvient la nouvelle que le bateau qu’il devait prendre coulé corps et biens et le voilà maintenant qui rend grâce et remercie ! C’est à de tels sujets qu’il est dit (Isaïe xii, 1) : « je Te rends grâce, Hachem, d’avoir fait éclater sur moi ta colère ! Que s’apaise Ta colère, et Tu me consoles. »
Ce pourquoi rabbi Eliézer dit : que signifie le verset « qui fait seul des merveilles » ? même son bénéficiaire n’a pas conscience du miracle ! Au moment où les événements se produisent, Dieu seul sait que c’est un miracle et ceux qui en bénéficient ne comprennent pas et n’identifient pas l’immensité du bienfait et sa nature miraculeuse et même, parfois, ils croient que ce qui s’est produit est à leur détriment.
Puissions-nous, certes, bénéficier de miracles ; mais surtout que nous sachions les reconnaître et rendre grâce à Dieu de Ses bienfaits.

 

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