1 Tora mi-Tsiyon, Koh’av Yaacov
02-9972023, 02-9974924

Beha’alotekha – Le grand mystère des 2 noun inversés

Beha’alotekha – Le grand mystère des 2 noun inversés

Rav Nahum Botschko
La paracha de Behaalotekha contient deux signes sortant de l’ordinaire, littéralement uniques dans toute la Thora : deux versets – ceux que nous récitons respectivement lors de la sortie du séfer Thora de l’arche sainte et de sa rentrée (Nombres x, 35-36) – sont encadrés par deux noun inversés )), formant comme des crochets. Les commentateurs ont longuement traité de la signification de ces signes ; la guémara elle-même (traité Chabbat 115b) en discute et propose deux explications : 1) ces deux versets encadrés pat deux noun inversés constituent un livre de Thora pour lui-même, tel que les livres de la Genèse ou des Nombres. La Thora serait ainsi composée non de cinq livres, mais de sept : la Genèse, l’Exode, le Lévitique, les Nombres du début du livre jusqu’au verset 34 du chapitre X, les versets 35 et 36, les Nombres du verset 1 du chapitre XI jusqu’à la fin du livre, et enfin le Deutéronome. 2)
Ces versets ne seraient pas ici à leur place. Ils ont été écrits ici « pour séparer entre la première sanction et la seconde sanction », c’est-à-dire pour séparer entre ce qui est relaté à partir du verset « ils partirent de la montagne d’Hachem » (ce qui veut dire qu’ils s’éloignèrent d’Hachem) et ce qui est relaté au début du chapitre XI : « le peuple affecta de se plaindre… » (se plaindre pour se plaindre, sans raison)
Pourquoi « partir de la montagne d’Hachem » est-il considéré comme une sanction ? Il le fallait bien, pour aller en Eretz Israël ! Ils ne pouvaient pas quand même pas rester éternellement au pied du Sinaï !? Rabbénou Béhayé ben Acher, le principal disciple de Nahmanide, explique : nulle part ailleurs le mont Sinaï n’est appelé « montagne d’Hachem ». Partout ailleurs, il est désigné par les expressions « la montagne d’Elohim », ou « le mont Horeb ». Cette formule inhabituelle vient attirer notre attention sur l’état d’esprit particulier qui anime le peuple à ce moment là.
Le midrach Tanhouma le dit crument : « ils partirent de la montagne d’Hachem, ils s’éloignèrent d’Hachem à la manière dont un enfant fuit l’école pour s’affranchir des enseignements de la Thora. » Et déjà Nahmanide l’avait lui-même souligné (verset 35) : leur intention était de partir de là-bas parce que c’est la montagne d’Hachem et qu’ils craignaient, s’ils y restaient davantage, que des mitzvoth supplémentaires leur seraient encore imposées. Les deux explications de la guémara peuvent être combinées, ce qui fait apparaître une conclusion importante.
Quelles sont les trois parties du livre des Nombres ?
La première décrit l’organisation du campement d’Israël et son ordre de marche, préparatifs à la mise en campagne pour l’entrée en Eretz Israël avec l’éventualité militaire qui en découle. Là, nulle plainte ni récrimination. Tout se déroule sans heurts ni incidents.
La deuxième partie décrit les déplacements de l’Arche d’alliance.
La troisième partie commence immédiatement par des récriminations, fautes et châtiments. Récriminations contre la manne, réclamation de viande, récriminations pour l’eau, faute des explorateurs, la mauvaise querelle de Qorah et de sa clique, etc. Tout se passe comme si l’effondrement spirituel décrit ici, qui conduit à cet enchainement de fautes, a été provoqué par le fait d’être partis de la montagne d’Hachem, de s’être éloignés d’Hachem à la manière dont un enfant fuit l’école…
Lors moment décisif du don de la Thora, les Enfants d’Israël ont dit « nous ferons et nous entendrons », mais, pour vivre une vie où s’assument le joug de la Thora et le joug des mitzvoth, il faut s’adonner à l’étude de la Thora et constamment rafraîchir la volonté de le faire. Le peuple d’Israël a été dégouté de l’étude de la Thora et, selon l’image percutante du midrach, s’est enfui de l’école ! c’est cela, semble-t-il qui a provoqué ces effondrements spirituels successifs.
À nous d’en tirer une conséquence importante pour notre propre vie. Quelqu’un décide de se renforcer dans le service divin sur un point particulier, assume le joug de la Thora et des mitzvoth ; c’est bien, mais cette décision doit impérativement s’accompagner d’étude, d’approfondissement, d’intériorisation et d’identification afin de parvenir à réaliser cela dans sa vie quotidienne et que son importante décision ne se dissolve pas, exactement comme cela est arrivé aux Hébreux dans le désert : dès lors qu’ils ont fui la montagne d’Hachem et l’étude de la Thora, plaintes et sanctions se sont enchainées.
Puissions-nous nous renforcer par la fixation de temps pour l’étude de la Thora, en qualité et en quantité, et fixer ainsi en notre être le joug des mitzvoth et leur réalisation effective.

 

Laisser un commentaire

Font Resize
Contrast