1 Tora mi-Tsiyon, Koh’av Yaacov
02-9972023, 02-9974924

Metsorah – L’oiseau vivant

Metsorah – L’oiseau vivant

Rav Shaoul David Botshko

 

La paracha Tazria comporte l’enseignement concernant l’impureté de la plaie dite « lépreuse » (tzara‘at). La paracha de cette semaine enseigne le processus de la purification du metzora, c’est-à-dire du « lépreux ». Il a été condamné à la solitude pour avoir porté atteinte à l’intégrité de la société par médisance : il devra demeurer à l’écart de tous jusqu’à sa guérison, sa purification. Ce jour-là, il sera soumis à un rite complexe. Il devra prendre deux oiseaux purs vivants, du bois de cèdre, de l’hysope et un fil écarlate. Un des oiseaux sera égorgé et alors :
« L’oiseau vivant, il le prendra ainsi que le bois de cèdre, le fil écarlate et l’hysope ; il les plongera avec l’oiseau vivant, dans le sang de l’oiseau égorgé sur l’eau vive ; il [le cohen] en fera sept aspersions sur celui qui se purifie de la lèpre et, l’ayant purifié, il renverra l’oiseau vivant à la face du champ. » (Lévitique xiv, 6-7)
Rachi a expliqué que l’homme qui s’était fièrement dressé comme un cèdre devra s’abaisser comme l’hysope et le vermisseau (dont on a tiré la couleur écarlate). L’oiseau qui aime tant piailler (papoter – on dit aujourd’hui « twitter ») a été égorgé, ce qui signifie qu’il faut cesser de médire. Tout cela est clair, mais pourquoi deux oiseaux et pourquoi renvoyer l’oiseau vivant dans le champ ? Ne retourne-t-il pas à la liberté même qui a conduit à la faute ?
La Thora parle trois fois de l’oiseau vivant ; c’est lui le plus important de l’ensemble des éléments. Elle nous enseigne que le médisant n’avait pas nécessairement l’intention de nuire à son prochain. Tel un fleuve qui coule, sa parole a précédé sa pensée – il a parlé sans réfléchir. Sans y prendre garde, il a causé du tort. Par sa nature, l’homme aime la liberté et cette liberté le mène à porter atteinte à autrui. Cet homme a dû être arrêté, mis en isolement à l’écart de la société pour l’empêcher de nuire. Il a été privé de son smartphone ! Il ne peut plus voir ce qui se passe loin de lui et il ne peut plus tirer ses flèches. Il devait être sanctionné et il l’a été. Mais la Thora nous interpelle : si un oiseau a été égorgé, un autre est resté vivant ; et même si on le plonge dans le sang de l’oiseau égorgé, il reste libre et on le renvoie dans le champ. Tu as fauté ? On ne t’a pas exécuté. On t’a mis un temps à l’écart. L’intention n’est pas de t’étouffer. Tu peux revenir au sein de la société. La vie sociale est nécessaire et elle t’est accessible. Tu peux parler à qui tu veux, tu peux essayer de convaincre. Mais n’oublie pas l’oiseau égorgé. Tu dois désormais faite attention à l’usage que tu fais de la parole.
L’oiseau vivant est l’appel à la liberté de l’homme, mais une liberté responsable, capable d’autodiscipline.

 

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