1 Tora mi-Tsiyon, Koh’av Yaacov
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Berechit – Le berger et l’agriculteur

Berechit – Le berger et l’agriculteur

Rav Shaoul David Botshko

« Or, l’Homme avait connu Ève, sa femme, elle avait conçu et elle enfanta Caïn, et elle dit : j’ai acquis un homme avec Hachem. Elle ajouta d’enfanter son frère, Abel. Abel devint berger de menu bétail alors que Caïn était agriculteur. » (Genèse IV, 1-2)

La Thora fait état de l’activité des deux premiers enfants de l’Histoire, Caïn et Abel. Caïn est agriculteur et Abel est berger. Que la Thora tienne à nous transmettre cette information n’est pas anecdotique. Elle forme en quelque sorte le décor de ce qui va suivre. L’agriculteur a l’instinct de possession. Il s’enracine dans la terre qu’il cultive et qui lui appartient. De tous les avoirs, c’est le plus significatif. La terre ne se perd jamais et elle ne meurt pas. Le berger, quant à lui, traverse les pâturages mais ne leur appartient pas. Il n’a, pour ainsi dire, pas de prise sur le monde. Il est nomade. Mène-t-il ses bêtes ou celles-ci le mènent-elles là où l’herbe est grasse ? Il dort à la belle étoile ou dans une tente qu’il transporte avec lui.

L’homme du terroir tire pouvoir de sa terre et il pourra vouloir défendre jalousement sa propriété. Le berger qui vit dans un monde pour lui provisoire, pénétré du sentiment de dépendance, peut plus facilement accepter la solitude et développer une existence spirituelle qui le comble.

Dans le monde de la réalité, Caïn tue Abel. Le possesseur ne laisse aucune chance au rêveur, à l’homme de la spiritualité qui s’évapore comme le souffle dont il porte le nom : Abel, en hébreu Hèvel, signifie la buée que les vents dissipent…

Il n’y a donc pas de place dans le monde de la dure réalité matérielle et concrète pour la vie spirituelle, qui n’a pas prise sur le réel. Pourtant, la Thora racontera par la suite que les Patriarches, Abraham et Jacob, seront bergers eux aussi. De même Moïse. Ils vivront tout ou partie de leur vie en exil. Isaac, par contre sera agriculteur et jamais il ne quittera la Terre d’Israël.

Le messie descend de David qui sera berger lui aussi. Mais il combattra pour la terre d’Israël et deviendra ainsi le berger d’Israël sur lequel son peuple pourra compter.

L’idéal qui se fait jour, c’est celui du berger qui est aussi agriculteur, un être de grande spiritualité mais aussi totalement investi dans la réalité concrète. Celle-ci lui confère stabilité et solidité et lui, il la transfigure.

 

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