1 Tora mi-Tsiyon, Koh’av Yaacov
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Balak – Conjonction des volontés

Balak – Conjonction des volontés

Rav Shaoul David Botshko
Balak, profitant de l’effroi provoqué en Moab à la suite des victoires d’Israël sur les Amoréens, prend le pouvoir et envoie une délégation pour demander à Bileam, le prophète des nations, de venir maudire Israël, lui promettant une fortune en contrepartie de ses efforts. Bileam acquiesce mais affirme avoir besoin de l’accord de Dieu. Dieu vient à lui dans la nuit et lui enjoint de ne rien faire contre Israël qui est la bénédiction du monde. Aussi, très poliment, Bileam explique aux ambassadeurs de Balaq qu’il ne peut pas se joindre à eux. Les ambassadeurs rendent compte à Balaq de l’échec de leur mission qui renvoie une nouvelle délégation plus prestigieuse que la première (entendons : promettant encore plus d’argent) auprès de Bileam. Bileam redemande à Dieu l’autorisation de maudire Israël et alors apparemment, Dieu le lui permet (Nombres xxii, 20) :
« Dieu dit à Bileam, dans la nuit, si c’est pour faire appel à toi que ces personnalités sont venues, lève-toi et va avec elles, mais ce n’est que ce que Je te dirai que tu feras. »
Nous connaissons tous la suite de l’histoire : Bileam va pour maudire, camouflant ses intentions malveillantes par des formules qui ressemblent à des bénédictions (voir Sanhédrin 105b). Plus tard, il sera finalement tué dans une bataille qu’Israël livrera aux Midianites.
Le verset cité plus haut est d’une importance capitale. Bileam voulait y aller, il voulait absolument maudire Israël, alors il a reçu l’autorisation divine d’y aller, car Hachem n’empêche pas les hommes d’agir à leur guise. Le libre arbitre d’un prophète est normalement limité par la peur de désobéir ; en effet, étant proche de Dieu, il sait que la punition sera inévitable et foudroyante. Mais la haine est un sentiment puissant qui peut faire agir les hommes à l’encontre de leurs intérêts. Dieu a reconnu le désir de Bileam de partir pour maudire Israël. Après un refus motivé, il a insisté, dévoilant sa volonté profonde, Dieu lui dit alors : vas-y. Fais ce que toi tu veux, tu es libre, mais finalement, entre ta volonté et la mienne, c’est bien sûr Ma volonté qui l’emportera.
Bileam voulait tellement maudire Israël qu’il n’a entendu que le début de la phrase : va avec eux. Mais la fin de la phrase, l’avertissement à peine voilé de ce qui lui arrivera s’il s’obstine à partir, s’est trouvé comme noyé dans l’enthousiasme de la joie d’avoir entendu : « lève-toi et va avec eux. »
Et il part comme il l’a voulu, mais finalement Hachem, par amour pour Israël, inversera en faveur d’Israël la malédiction en bénédiction (voir Dévarim xxiii, 6) et Bileam sera puni pour sa haine d’Israël.
La leçon que nous devons retenir de cette histoire, c’est qu’il ne suffit pas d’obéir formellement à Hachem ; il ne suffit pas que les actes soient extérieurement conformes à Sa volonté, tandis que les intentions véritables y sont opposées. Il faut être à l’écoute de la volonté d’Hachem et faire en sorte que notre volonté soit à l’unisson de la Sienne.

 

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