Le Rav Shaoul David Botschko sur la parachat Chlakh Lekha – Le la leçon non apprise : de Myriam aux explorateurs
A la fin de la paracha précédente, Miriam, la sœur de Moché a été punie pour avoir médit de ce grand en Israël. Notre paracha débute avec l’épisode des explorateurs qui furent sérieusement punis pour avoir médit d’Eretz Israël et avoir tenté de décourager le peuple de monter en Israël. Rachi met en rapport les deux événements :
« Pourquoi le passage relatif aux explorateurs fait-il immédiatement suite à celui de Miriam ? Parce qu’elle a été punie pour avoir calomnié son frère, et ces dépravés, qui ont pourtant assisté à cet événement, n’en ont pas tiré la leçon ! »
En punissant Miriam, Hachem a enseigné à ne pas considérer la réalité de manière superficielle. Moïse semblait s’être conduit de façon indigne parce qu’il s’était séparé de son épouse ; mais en fait, c’était un immense sacrifice qu’il avait consenti, afin d’être
toujours disponible en faveur du peuple d’Israël.
Les explorateurs n’on pas voulu apprendre la leçon. Ils ont constaté les difficultés qui les attendaient pour prendre possession d’Israël. Ils ont consciemment ignoré qu’une réalité éternelle est présente au delà de la réalité immédiate ; que seule la terre d’Israël convient au peuple d’Israël. Médire du pays à cause de quelque problème que ce soit, c’est reprocher à Dieu la manière qu’Il a choisie de diriger le monde. Il savait ce qu’Il faisait en choisissant Moïse pour guider le peuple d’Israël ; et aussi en choisissant la terre d’Israël pour le peuple d’Israël. Nos interrogations ne doivent pas entamer notre confiance en Dieu.
En fait, un examen lucide de l’histoire – une histoire de deux mille ans ! – montre sans conteste que l’exil est le malheur d’Israël. Même si la situation immédiate semble pour certains plus dangereuse en Israël qu’en Diaspora, croire que l’avenir est ailleurs, c’est se bercer d’illusions, ou pire s’induire soi-même et les autres en erreur. Tout doit être examiné avec les yeux de la Thora : mettre en valeur le bien d’Israël et prendre garde aux avertissements que la recrudescence de l’antisémitisme dans le monde nous adresse.
Notre place à tous est en Eretz-Israël. Disons tous avec Caleb dont la foi n’a jamais vacillé (Bamidbar XIII, 30) :
Allons, montons, prenons possession du pays ! Nous en sommes capables !


