1 Tora mi-Tsiyon, Koh’av Yaacov
02-9972023, 02-9974924

Toledot – Les bénédictions d’Isaac à ses fils

Toledot – Les bénédictions d’Isaac à ses fils

Rav Nahum Botschko
La paracha nous raconte l'intention d'Isaac de bénir Ésaü et l'intervention de Rébecca qui conduit Jacob à « voler » cette bénédiction. Lorsqu'Ésaü réalise ce qui s'est passé, il réclame de son père une bénédiction pour lui-même et, de fait, Isaac acquiesce et bénit aussi Ésaü. Mais les bénédictions d'Isaac ne sont pas encore épuisées pour autant ! À la fin de la paracha, avant le départ de Jacob pour Haran, Isaac convoque Jacob et lui donne une nouvelle bénédiction.
L'examen du contenu des bénédictions révèle que la première bénédiction (celle qui était « destinée » à Ésaü) porte sur l'abondance des biens matériels : « Dieu te donnera de la rosée du ciel... des peuples te serviront et des nations se prosterneront devant toi... » La deuxième bénédiction, celle qui est effectivement donnée à Ésaü, est de valeur inférieure à la précédente : « du gras de la terre sera ta résidence et de la rosée du ciel d'en haut ; et tu vivras sur ton glaive et tu serviras ton frère... » La troisième bénédiction, celle que Jacob a reçue à visage découvert, est plus que toutes significative : « le Dieu Tout-Puissant te bénira, il te fructifiera et te multipliera et tu deviendras une communauté de peuples. Et Il te donnera la bénédiction d'Abraham, à toi et à ta semence après toi, afin que tu hérites de la terre de tes pérégrinations donnée par Dieu à Abraham. »
Or, si l'intention d'Isaac a priori était de bénir Ésaü de la première bénédiction, celle que Jacob a « volée », pourquoi n'a-t-il pas donnée à Ésaü la bénédiction finalement donnée à Jacob au lieu de lui donner une bénédiction de second rang qui est comme l'envers de la première. Ou encore, pourquoi n'a-t-il pas tout simplement « annulé » la première bénédiction puisqu'elle n'avait pas été donnée à son bénéficiaire et que c'est « par erreur » qu'il l'avait donnée à Jacob ? Il aurait alors béni Ésaü et tout rentrait dans l'ordre ! Pourquoi Isaac permet-il à Jacob de jouir de son subterfuge, renonçant du même coup à son projet de bénir Ésaü ?
Au début de la paracha, nous avons appris qu'Ésaü était « un chasseur avisé, un homme de terrain, alors que Jacob était un homme simple résidant dans les tentes ; Isaac a aimé Ésaü car sa chasse était dans sa bouche ». C'est donc qu'Isaac apprécie la terrestrialité d'Ésaü.
Il y a donc là, apparemment, une répartition très claire : Ésaü est l'homme de la réalité concrète, matérielle, Jacob est l'« homme simple résidant dans les tentes », l'homme de la Thora et de la spiritualité. Il y a dichotomie absolue entre les deux personnalités et leur monde. Isaac considérait qu'il devait continuer à en être ainsi et c'est pourquoi il a invité Ésaü à lui préparer les mets palatables, chose terrestre, ce qui lui permettra de le bénir de la bénédiction des biens matériels. La bénédiction d'Abraham, la spécificité hébraïque de l'identité d'Israël, celle-là Isaac la réserve à Jacob.
Mais Rébecca n'est pas d'accord. Elle a compris que Jacob seul constitue la continuation des Pères ; que c'est de lui que naîtront les douze tribus d'où sera issu le peuple d'Israël. Afin qu'Israël soit constitué de manière authentique, il faut que les deux dimensions soient présentes à sa racine : la matérialité aussi bien que la spiritualité.
Lorsque Jacob va chercher lui-même les deux chevreaux et se revêt lui-même de vêtements de chasse, Isaac comprend que Jacob est capable de mener une vie terrestre et d'être à l'origine de la nation d'Israël. Il reconnaît que l'aspect matériel de l'ensemble n'est pas moins important.
À présent, tout le déroulement des événements relaté par la Thora est clair : Dès lors que Jacob a reçu la bénédiction matérielle, ayant prouvé qu'il en était digne, il n'y a plus lieu d'en bénir Ésaü. La bénédiction d'Abraham était a priori destinée à Jacob et non à Ésaü, et c'est à Jacob qu'elle a bel et bien été donnée. Ésaü se trouve dépossédé des bénédictions, parce qu'Isaac a réalisé qu'il n'appartenait en aucune façon à la continuité des Pères d'Israël.
Notre génération a eu le privilège de revenir à la terre d'Israël et d'y établir un État avec tous les appareils terrestres que cela implique, État en lequel se réalisent les bénédictions d'Isaac à Jacob qui lui a préparé les mets palatables ; nous espérons voir bientôt se réaliser aussi la bénédiction d'Abraham afin d'être témoins de la manière dont - sans opposition ni contradiction - ces bénédictions se complètent et se parachèvent l'une l'autre.

 

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