1 Tora mi-Tsiyon, Koh’av Yaacov
02-9972023, 02-9974924

Réeh – « Je mets devant vous bénédiction et malédiction »

Réeh – « Je mets devant vous bénédiction et malédiction »

Rav Nahum Botschko
La phrase de titre est celle par laquelle s’ouvre la paracha de cette semaine. Et elle poursuit : « la bénédiction, afin que vous prêtiez l’oreille aux mitzvoth d’Hachem… et la malédiction si vous ne prêtez pas l’oreille aux mitzvoth d’Hachem… » Ce titre est apparemment trop long ! N’aurait-il pas été plus simple de dire directement « Je mets devant vous… la bénédiction, afin que vous écoutiez... et la malédiction si... »
Pourquoi cette incise « bénédiction et malédiction » pour répéter ensuite « la bénédiction… la malédiction si… » Une autre question se pose : le parallélisme entre bénédiction et malédiction n’est qu’apparent. En effet, le texte ne dit pas du tout « la bénédiction si vous écoutez et la malédiction si vous n’écoutez pas » comme on en a trop souvent l’impression.
Que signifie donc exactement ce achèr tichmé‘ou, que – suivant Rachi – nous avons traduit par « afin que vous écoutiez » Voici ce que nous lisons dans le midrach Tanhouma sur notre paracha (§3) : « à l’exemple d’un vieillard assis à la croisée des chemins, deux voies devant lui. La première pleine de ronces à son début et plane et dégagée à la fin ; la deuxième plane et dégagée au début et pleine de ronces à la fin.
Et lui est assis là et met en garde les passants et leur dit : bien que vous voyiez celle-ci pleine de ronces, c’est elle qu’il faut choisir, car ensuite elle est plane ! Tous ceux doués d’entendement l’écoutaient et commençait par peiner un peu pour ensuite marcher à l’aise et arriver en paix. Mais ceux qui ne l’écoutaient pas allaient de l’avant et finalement échouaient.
Rabbi Hayyim ben Attar explique : la bénédiction et la malédiction se trouvent toutes deux sur le chemin du juste comme du méchant.
Celui qui marche sur la voie de la vérité rencontrera bien sûr obstacles et difficultés auxquelles il devra faire face, qu’il devra combattre et surmonter. Mais en fin de compte il jouira de la bénédiction, non seulement dans « le monde futur », mais aussi en ce monde. La vie de Thora et de l’observation des mitzvoth est une vie ayant un sens, donnant à ceux qui s’y prêtent bonheur et contentement, malgré toutes les difficultés et les restrictions de jouissances mondaines.
À l’inverse, celui qui choisit le chemin qui n’est pas le bon, a l’impression de « profiter de la vie », de jouir de ce qui semble être, pour lui, bénédiction, mais à long terme il s’avèrera qu’il aura mené une existence vide et privée de signification – maudite.
C’est pour cela qu’il est dit : « vois, Je mets devant vous aujourd’hui bénédiction et malédiction », car les deux voies contiennent l’une et l’autre. Le point important est de déterminer ce qui est essentiel et ce qui est secondaire et quelle bénédiction est la vraie. Si néanmoins nous avançons plus avant dans la compréhension des choses, nous nous rendons compte du fait que même les difficultés et les obstacles sur le chemin de la vérité sont eux-mêmes porteurs de bénédiction.
La difficulté, par l’effort que nous faisons pour la surmonter, nous élève à un niveau supérieur. Nous goûtons alors à l’intense satisfaction des valeurs ainsi obtenues.
C’est ainsi que le rav Samson Raphaël Hirsch écrit : « La “bénédiction”, c’est un état de développement sans frein, de bien-être avancé, alors que la “malédiction” n’est pas seulement le parallèle négatif de la bénédiction ; elle ne constitue pas seulement le manque de progression et de succès.
La malédiction est le contraire absolu de la bénédiction, consistant en une vacuité privée de sens. Le chois entre ces deux options est “placé devant nous” par ma Thora de Dieu ; c’est de nous que la chose dépend : attirerons-nous sur nous-mêmes bénédiction ou malédiction. »
C’est à partir de cette même approche que le rav Hirsch résout la deuxième question. « Pour la bénédiction le texte dit “afin que vous écoutiez” parce que le fait même d’observer la Thora divine est en soi déjà bénédiction. Celle-ci n’en est pas seulement la conséquence, mais commence déjà à se réaliser dès lors qu’on a commencé à écouter ce que la mitzva demande. » Notre disposition à entendre la voix de Dieu, notre volonté de Lui être fidèles, portent en elles une formidable bénédiction, avant même que nous n’ayons commencé à pratiquer concrètement la mitzva, et ce – à court et à long terme !

 

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