1 Tora mi-Tsiyon, Koh’av Yaacov
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Pessah à Chavouot (2)

Pessah à Chavouot (2)

De Pessah à Chavouot (2)

Rav Nahum Botschko

 

En entrant dans la période du ‘Omer, il convient de tenter
de comprendre la nature de ces jours que nous comptons de Pessah à
La Thora prescrit : « vous vous compterez, du lendemain du Chabbath…
sept semaines entières il y aura, jusqu’au lendemain de la septième semaine,
vous aurez compté cinquante jours. » La question couramment posée porte
sur la difficulté suivante : si l’on compte sept semaines, on obtient quarante
neuf jours et non cinquante !

Dans le Deutéronome (chapitre XVI), lors du rappel des trois fêtes dites « de
pèlerinage », apparaît une obligation de réjouissance à propos de la fête de
Chavouoth (verset 11) : « tu te réjouiras devant Hachem ton Dieu », à propos
de la fête de Souccoth (verset 14) : « tu te réjouiras lors de ta fête », mais non
à propos de la fête de Pessah. Quelle en est la raison ?

Dans le Lévitique (chapitre XXIII), toutes les fêtes sont mentionnées les unes
après les autres. La date exacte de chacune y est indiquée, sauf celle de la
fête de Chavouoth. Au lieu du jour et du mois, figure l’indication suivante :
la fête aura lieu au terme d’un décompte de sept semaines ayant commencé
« du lendemain du Chabbath », c’est-à-dire du premier jour de Pessah.
Pourquoi la date de Chavouoth n’est-elle pas clairement formulée ?

Rabbi Chalom Noah Berezovsky de Slonim, l’auteur du fameux Nétivoth
Chalom, explique (premier exposé sur la Séfirath HaOmer) :
« Le fait qu’il soit dit “vous compterez cinquante jours” s’explique par
cela que le nombre cinquante comprend aussi le premier jour de
Pessah d’où procède la première partie des cinquante [jours] de la
Sortie, ensuite procèdent les quarante neuf autres parties, puisque,
comme nous l’avons vu, c’est en cela que consiste le décompte du
‘Omer, de sortir chaque jour de l’une de nos scories et de nos
impuretés et de pénétrer en contrepartie dans un niveau
supplémentaire de la sainteté d’en haut… »

Ajoutons un mot pour mieux comprendre ses propos : prenons le cas d’un
soldat ayant reçu une mission nocturne. On commence par lancer une fusée
éclairante, de sorte que pendant une minute il peut distinguer tout le terrain
et voir l’objectif qu’il doit atteindre. Lorsque la lumière de la fusée s’éteint,
il est désormais livré à lui-même et il doit maintenant poursuivre la mission
étape par étape par ses propres moyens. Il doit identifier le point où il se
trouve, trouver ses repères et déterminer l’orientation de la prochaine étape
sur le chemin de l’objectif. Ainsi en est-il de la relation entre Pessah et
Chavouoth. Au premier jour de Pessah, nous bénéficions de la part de Dieu
d’un formidable éclairage de sainteté qui illumine notre route. Durant les
quarante neuf jours suivants, nous devons procéder jour après jour, pas à
pas, niveau après niveau, et nous élever, parfaire nos vertus, afin d’être
prêts, après quarante neuf jours, à recevoir la Thora à Chavouoth.

Selon le rabbi de Slonim, les « cinquante jours » du verset comprennent le jour de
Pessah avec son éclairage spécifique (initiative d’en haut) et les « sept
semaines » se réfèrent uniquement aux jours qui suivent.

L’absence de prescription de réjouissance à Pessah est maintenant
compréhensible : nous n’en sommes, à ce stade, qu’au tout début du chemin
qui conduit à la fête du don de la Thora. Et de même peut-on comprendre
que la date de Chavouoth ne soit pas explicitement formulée : elle n’est pas
autonome, dépendant de son commencement propre qui est le jour de
Pessah. Les jours du décompte du ‘Omer sont en quelque sorte comme des
(jours d’un ‘hol hamoëd déployé ; Nahmanide écrit à ce sujet (Lévitique XXIII, 36
« Il nous a ordonné pour la fête des Matzoth sept jours de sainteté… et
Il compte depuis quarante neuf jours… et a sanctifié le huitième jour à
la manière du huitième jour de Souccoth, et les jours comptés dans
l’intervalle comme l’entre deux (‘hol hamoëd) de la fête entre le premier
et le huitième qui est le jour du don de la Thora. »

Maïmonide écrit, à propos de la nature des jours allant de Pessah à
Chavouoth (Guide des égarés, III, 43) :
« la fête de Chavouoth est le jour du don de la Thora. Pour magnifier
ce jour, on a compté les jours qui y conduisent depuis la première des
fêtes, à la manière dont quelqu’un compte les jours et les heures dans
l’attente de son meilleur ami. »
Ces jours de préparation entre Pessah et Chavouoth, à la rencontre du Don
de la Thora, sont aussi comme un miroir de l’année entière, comme l’écrit
rabbi Chalom Charabi (Nahar Chalom 32c) : « les jours du compte du ‘Omer
sont racine de tous les jours de l’année, et on nous conduit durant le reste de
l’année à la manière dont nous nous sommes conduits durant ces jours.
.
Traduit par Rav E. Simsovic

 

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