1 Tora mi-Tsiyon, Koh’av Yaacov
02-9972023, 02-9974924

Pessah à Chavouot (1)

Pessah à Chavouot (1)

 

De Pessah à Chavouot (1) *

 

Rav Nahum Botschko

 

La guémara (Chabbat 118b) rapporte :
Rabbi Yossé a dit : puissé-je être de ceux qui disent le Hallel entier chaque jour !
Vraiment ? N’a-t-on pas enseigné : celui qui récite le Hallel tous les jours est un
blasphémateur. La guémara répond : ce qui a été dit concerne les psaumes de la
liturgie matinale (L’intention de rabbi Yossé porte sur la série de psaumes de la liturgie
matinale – appelés Psouqé déZimra, littéralement « versets de chant », qui débutent par le mot
Hallélou).

Cette sentence talmudique condamnant la récitation quotidienne du Hallel est difficile
à comprendre : quel mal y aurait-il à louer Dieu chaque jour ?
Rabbi Simha Hacohen de Dvinsk, l’auteur du Mechekh Hokhma, important
commentaire contemporain sur la Thora, explique au début de la paracha de
Béhouqotaï :
Réciter tous les jours le grand Hallel qui met en évidence qu’il ne conviendrait de
rendre grâce que pour les œuvres miraculeuses, mais que les œuvres de nature, le
Créateur n’en a cure après les avoir créées ; serait blasphématoire. Mais celui qui
récite chaque jour le psaume CXLV, (Téhila léDavid), qui énumère
systématiquement des œuvres naturelles journalières, celui-là est assuré de
participer au monde à venir.

Cela signifie qu’il y a deux sortes de louanges : les louanges concernant des œuvres
miraculeuses chacune unique en son genre, comme – par exemple – le passage de la
mer Rouge, et les louanges pour la manière dont Dieu est, au quotidien, Providence de
notre monde, au travers des phénomènes naturels les plus banals : une fleur qui
pousse, le lever du soleil, etc. Celui qui ne voit la présence divine se révéler que dans
les miracles uniques, mais pas dans les phénomènes naturels, est un blasphémateur !
Le grand rabbinat d’Israël a décidé qu’on devait dire le Hallel le jour de
l’Indépendance d’Israël (Yom Haatzmaout) et le jour de la Réunification de Jérusalem
rendue à la souveraineté hébraïque (Yom Yérouchalayim), parce que ces jours
pérennisent les événements survenus en faveur du peuple d’Israël sur sa terre, le 5ème
jour du mois de Iyar 5708 et le 28ème jour du mois de Iyar 5727. Ces jours sont des
jours fondateurs et exceptionnels, qui ont définitivement marqué et transformé
l’histoire du monde.

Yom Haatzmaout marque la renaissance physique de la nation d’Israël. Avant
l’établissement de l’État d’Israël, le peuple d’Israël était dispersé et divisé en
communautés et en individualités sans unité ni cohérence. Depuis la création de
l’État, nous sommes redevenus une nation souveraine sur sa terre. Yom
Yérouchalayim marque la renaissance spirituelle de la nation d’Israël. La libération
des lieux saints, Jérusalem et le mont du Temple en son centre, qui sont l’âme intime
de notre peuple.

Yom Haatzmaout et Yom Yérouchalayim tombent tous deux pendant le compte du
Ŏmer, dans la période entre Pessah et Chavouoth, période qui à l’origine était période
de joie, comme une période prolongée de Hol Hamoĕd, ces jours dits de « demi-
fête » qui joignent les premiers et derniers jours des fêtes comme Pessah et Souccoth.
La période du Ŏmer relie ensemble les jours de la Délivrance physique d’Israël à
Pessah, de la sortie de l’esclavage à la liberté, et le jour de la Révélation et du don de
la Thora, et constituent comme une période de préparation à la réception de la Thora ;
ceci par le moyen de l’offrande du Ŏmer et le compte des jours.

Mais hélas ! c’est précisément en cette période de joie qu’est survenue la terrible
catastrophe de la mort des 24 000 élèves de rabbi Aqiva, ce qui a conduit nos maîtres
à instituer en cette période des conduites de deuil (les coutumes varient entre les
Achkénazim et les Séfaradim, de telle sorte qu’en s’additionnant, les jours de deuil
des uns et des autres couvrent toute la période de Pessah à Chavouoth).

On rapporte que les élèves de rabbi Aqiva sont morts parce qu’ils ne se conduisaient
pas avec respect les uns envers les autres. Comme s’il y avait eu entre eux une attitude
de l’ordre de la haine gratuite, qui – on le sait – a été cause de la ruine de la deuxième
Maison d’Israël. Le rav A.I. Kook explique qu’en ce temps-là, les personnes
individuelles se conduisaient en conformité avec les principes de la Thora, mais que la
réalité collective était fautive.
De nos jours, une réparation significative de cet état de choses nous a été donnée.
Depuis la création de l’État d’Israël, nous sommes redevenus une nation et les soldats
de Tsahal donnent leur vie avec dévouement pour la défense du peuple tout entier.
Ceci constitue une manifestation d’un amour inconditionnel d’une valeur
incomparable – être prêt à sacrifier sa propre vie en faveur de la collectivité ! Quel
bonheur qu’il nous ait été donné de vivre dans une telle génération !

Ce n’est pas sans raison que le jour de la Choa, le jour du Souvenir de tous ceux qui
sont tombés, Yom Haatzmaout et Yom Yérouchalayim aient été fixés comme jours
possédant un contenu national particulier, et il n’y a pas de période plus digne d’être
donnée à la restauration de l’unité d’Israël que cette période du Ŏmer !
Puissions-nous développer tant et plus cet amour inconditionnel, en nous intégrant de
plus en plus authentiquement au sein de la nation d’Israël.

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Traduit par Rav E. Simsowitch

* Ce texte reprend une partie des choses dites à l’occasion de la naissance (Iyar 5769)

de ma fille, Hallel

 

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