1 Tora mi-Tsiyon, Koh’av Yaacov
02-9972023, 02-9974924

Paracha Noa’h – L’instinct du cœur de l’homme est mauvais dès sa jeunesse ou bien c’est à l’image d’Elohim qu’Il a fait l’homme ?

Paracha Noa’h – L’instinct du cœur de l’homme est mauvais dès sa jeunesse ou bien c’est à l’image d’Elohim qu’Il a fait l’homme ?

Rav Nahum Botshko

Après le déluge, il est dit que « l’instinct du cœur de l’homme est mauvais dès sa jeunesse » (Genèse VIII, 21). C’est pourquoi Dieu s’engage à ne plus provoquer de Déluge dur la terre. D’autre part, quelques versets plus loin, la Thora dit qu’il est interdit à l’homme de tuer son prochain parce que « c’est à l’image d'Eloqim qu’Il a fait l’homme » (Genèse IX, 6). L’Ecclésiaste aussi soutient que l’homme est bon par nature : « parce qu’Elohim a fait l’homme droit » (Ecclésiaste VII, 29). La question se pose donc, qui interpelle l’humanité depuis longtemps déjà, quel est la dominante en l’homme ? le bien, ou le mal ? Qu’estce qui est le plus fondamental en lui, son côté animal ou « l’image de Dieu » ?

Le rav Kook écrit : « le bien est absolu, permanent ; le mal n’est qu’imaginaire, c’est pourquoi il suffit de clarifier la connaissance et de renforcer l’esprit pour tout transfigurer en bien » (Arpelé Tohar, page 48). Et encore : « l’homme droit doit avoir foi en sa vie et en ses sentiments, lesquels procèdent directement du fond de son être ; il doit croire qu’ils sont bons et droits et qu’ils mènent sur le chemin de la rectitude. » (Orot Hathora, XI, 2)

Il ressort des propos du rav Kook que l’homme s’enracine vraiment dans l’image de Dieu qui est en lui. Il est fondamentalement bon et « l’instinct de son cœur est mauvais dès sa jeunesse », c’est-à-dire, explique Rachi, « dès lors qu’il sort du sein de sa mère, Dieu met en lui le yetzer hară. » Ce yetzer hară – que l’on traduit couramment comme le « penchant au mal », est cette conception première qui se forme en l’enfant dès sa naissance et selon laquelle le monde entier n’existe que pour le servir. Chaque pleur le place au centre du monde et tous s’évertuent à lui fournir ce qui lui manque. Sans l’éducation reçue de ses parents, sans la société qui l’entoure, sans la Thora, il resterait sa vie durant dans cette illusion. Sans une éducation appropriée, l’homme risque de devenir pire qu’une bête féroce.

Le Créateur a intentionnellement installé cette contradiction interne en l’homme afin de lui garantir le libre arbitre ; s’il choisit le bien et la voie droite, ils lui appartiennent car il les a choisis consciemment et volontairement. Ainsi בס"ד s’exprime rabbi Mochè Hayyim Luzzatto : « c’est pourquoi Dieu a décidé qu’existeraient les dimensions de la perfection et celles du manque et qu’existerait une créature qui serait susceptible de l’une comme de l’autre, et qu’elle aurait les moyens d’acquérir la perfection et d’éloigner d’elle les défauts et alors (lorsque l’homme aura choisi le bien et l’aura fait sien) on dira d’elle qu’elle s’est rendue autant que possible dans la ressemblance de son Créateur » (Derekh Hachem, 1ère partie, chapitre 2).

Les forces du mal en l’homme sont fort puissantes et il semble même parfois que leur force d’attraction est supérieure à celle des forces du bien. Mais il ne faut surtout pas oublier que Dieu a fait l’homme droit « et eux ont cherché toutes sortes de fourberies. »

Chabbat Chalom

Traduit par Rav E. Simsovic

 

Laisser un commentaire

Font Resize
Contrast