1 Tora mi-Tsiyon, Koh’av Yaacov
02-9972023, 02-9974924

Ki Tetsé – Sanctifier le Nom par la Terre d’Israël

Ki Tetsé – Sanctifier le Nom par la Terre d’Israël

Rav Nahum Botschko
L’une des mitzvoth énoncées dans la paracha est l’interdiction de laisser le corps d’un supplicié pendu sur un arbre à la fin du jour : « S’il se trouve qu’un homme ait commis une faute sanctionnée par la peine de mort et qu’il ait été exécuté et que tu l’auras suspendras sur un arbre. Tu ne le laisseras pas son cadavre sur l’arbre mais enterrer tu l’enterreras ce même jour, car c’est une malédiction de Dieu qu’un pendu… »
L’expression « malédiction de Dieu » est problématique et il nous faut recourir au commentaire de Rachi pour l’expliciter. Rachi cite le cas de deux frères jumeaux qui se ressemblent donc beaucoup. L’un devient roi et l’autre devient chef d’une bande de brigands. Le criminel est arrêté, jugé, condamné et exécuté et tous les passants croient voir le roi pendu au gibet. C’est-à-dire que l’homme ayant été créé « à l’image de Dieu » il est interdit de traiter son corps avec mépris, même s’il a fauté de la pire manière : ce serait effectivement une profanation de Son Nom !
Or voici que le livre de Samuel rapporte un cas où on n’a pas agi conformément à cet ordre, les corps des suppliciés ayant été laissés suspendus aux murailles. Le roi David a accepté de livrer aux Gabaonites sept des descendants du roi Saül pour qu’ils en tirent vengeance, Saül ayant lui-même fait périr des Gabaonites. Sept mois durant, les corps sont restés honteusement exposés à la vue de tous.
Durant tout ce temps, Ritzpa fille de Ayya, mère de deux des suppliciés, veilla les corps, les protégeant des oiseaux le jour et des bêtes sauvages la nuit. Rabbi Hocha‘aya dit à ce sujet (Talmud de Jérusalem, Qiddouchîn, chapitre iv, 1) : « la sanctification du Nom est plus grande que la profanation du Nom ! »
Autrement dit, l’exposition de ces corps, malgré la profanation du Nom qu’elle comportait, a été nécessaire et positive, car il en est résulté une sanctification du Nom plus grande encore. La guémara explique : les passants demandaient quelle avait été la faute de ces gens pour n’avoir pas mérité d’être enterrés.
Et on leur répondait que c’était pour avoir porté la main sur des convertis. Les Gabaonites s’étaient en effet convertis pour rejoindre Israël, par ruse, au temps de Josué. Saül, par excès de zèle pieux, avait voulu le leur faire payer. Les passants disaient alors : « si le Saint béni soit-Il a eu égard au sang de ceux-ci (les Gabaonites), qui ne s’étaient pas sincèrement convertis, et a exigé que ce sang indument versé soit vengé, combien plus doit-il en être ainsi du sang des convertis authentiques ! »
Et le Talmud de conclure que de ce fait beaucoup se convertirent et rejoignirent Israël en ce temps là.
Nous apprenons ainsi qu’il existe des situations où profanation et sanctification sont présents ensemble et même qu’il est licite de profaner le Nom afin d’en venir par là à une sanctification du Nom.
Le rav Tzvi Yéhouda Kook avait coutume de dire que nous devons appliquer cet enseignement à ce qui se passe de notre temps, le temps du réveil du peuple d’Israël reprenant vie sur sa terre.
On le sait bien, certains refusent d’y reconnaître la main de Dieu. Ils se plaignent sans cesse des aspects négatifs qui accompagnent ce renouveau, des imperfections et des défauts de l’État.
Le rav Tzvi Yéhouda disait quant à lui que le relèvement du peuple d’Israël sur sa terre, dans l’État d’Israël, constituait une importante sanctification du Nom ; nous assistons en effet au retour du peuple d’Israël sur sa terre, le rassemblement des exils, l’armée d’Israël, un épanouissement sans pareil du monde de la Thora, une économie florissante, etc., etc.
Tout cela n’est-il pas une formidable sanctification du Nom ? Il ne fait aucun doute que la sanctification du Nom qui se manifeste ainsi est infiniment supérieure à la profanation qu’entraînent les imperfections de l’État et de ses rouages qui sont en porte à faux avec les aspirations de la Thora.
Citons, pour conclure, les versets de la haftara que nous avons le privilège de vivre au jour le jour : « Élargis l’emplacement de ta tente, et que soient déployées les tentures de ta demeure. Ne fais pas d’économies ! Allonge tes tendeurs et fixe solidement tes chevilles ! Car tu déborderas à droite et à gauche et ta semence héritera des nations et les villes désolées seront peuplées... Un bref instant Je t’ai délaissée, mais avec une tendresse immense Je vais te recueillir… »

 

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