1 Tora mi-Tsiyon, Koh’av Yaacov
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Devarim – Trois règles

Devarim – Trois règles

Rav Shaoul David Botshko
« Vous n'aurez pas de partialité dans le jugement; vous entendrez le petit comme le grand ; vous ne craindrez personne, car la justice est à Dieu ! Ce qui vous sera difficile, présentez-le moi et je l’entendrai. » (Deutéronome i, 17)
Voilà bien un verset d’une belle densité !
Moïse donne ses instructions aux juges. Un mot revient à deux reprises : « vous entendrez », « j’entendrai ».
L’une des tâches du juge, c’est d’entendre et donc, d’abord, d’écouter. Attentivement. Ne pas décider hâtivement. Tous les juges, Moïse le premier, ont une connaissance à la fois encyclopédique et détaillée du droit. Ils connaissent tous les articles du code. Mais ce n’est pas suffisant. Il faut aussi être prêt à écouter pour comprendre la vérité des justiciables. Cette écoute est si importante que Moïse dit « j’entendrai » et il ne dit pas « et je trancherai ».
Mais cette écoute est dangereuse. Le juge peut être pris de sentiments pour l’un ou l’autre des justiciables. C’est pourquoi la Thora nous dit : « Vous ferez preuve d’impartialité dans le jugement. » Écouter, entendre, c’est indispensable. Mais le risque existe de ne pas entendre de la même manière le petit et le grand. Là, c’est l’écoute elle-même qui fausserait le droit.
C’est une tâche des plus ardues. Écouter avec empathie et rester neutre. Une neutralité qui frise l’indifférence alors que l’attitude du juge est tout le contraire de l’indifférence ! Il doit juger, mais sans prendre partie.
Et la Thora ajoute : « vous ne craindrez personne ! » Personne, ni les plaignants, bien sûr ; ni la rumeur publique, les pressions – voire les menaces – des médias, ni (peut-être surtout) les prises de positions affichées par de grandes et fortes personnalités ; de rabbins... Nos sages nous ont enseigné que même un élève doit, en présence de son maître, dire la vérité qui est la sienne.
« Car c’est à Dieu qu’appartient la justice. » Nul autre que Lui n’est maître de la vérité. Et l’homme doit faire tout son possible pour atteindre cette vérité et s’y tenir. D’où les trois règles énoncées dans le verset : écouter l’autre, rester impartial, et être fidèle à sa vérité intérieure.
Telles sont les conditions qui permettront à la justice et à la vérité de faite leur chemin vers la lumière.

 

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