1 Tora mi-Tsiyon, Koh’av Yaacov
02-9972023, 02-9974924

Vayelekh – « Et maintenant, écrivez-vous ce chant »

Vayelekh – « Et maintenant, écrivez-vous ce chant »

Rav Nahum Botschko
La paracha s’achève sur l’une des toutes dernières instructions données par Dieu à Moïse (Deutéronome 31, 19) :
« Et maintenant, écrivez-vous ce chant et enseignez-le aux Enfants d’Israël, mettez-le en leur bouche, afin que ce chant Me soit témoin auprès des Enfants d’Israël. »
Maïmonide fonde sur ce verset l’obligation pour tout un chacun d’écrire un Séfer Thora (Règles concernant les téfiline, chap. 7, règle 1) :
« C’est un commandement positif pour tout homme d’Israël d’avoir à écrire un Séfer Thora pour lui-même, ainsi qu’il est dit “et maintenant écrivez-vous ce chant”, c’est-à-dire écrivez-vous une Thora contenant ce chant, étant donné qu’on n’écrit pas la Thora par fragments. »
Rabbi Hayim ben Attar, l’auteur du célèbre commentaire Or HaHayim, explique que l’instruction donnée ici à Moïse par le Saint béni soit-Il comporte en fait trois commandements :
« Le premier concerne l’écriture, le deuxième l’enseignement, à savoir que les Enfants d’Israël sachent ce que ce chant veut dire et le troisième de le mettre en leur bouche, c’est-à-dire de savoir le lire – et Moïse les a réalisés tous les trois. »
Il semble que l’on puisse trouver ici une recommandation divine quant à la meilleure manière d’étudier la Thora. Ce triple commandement s’adresse à quiconque désire étudier véritablement la Thora et s’y attacher.
La première étape, après l’étude de base, c’est l’écriture. L’écriture a une grande importance dans le processus de l’étude. Rabbi Abraham Isaac Hacohen Kook écrit dans l’introduction de son petit ouvrage de morale pratique intitulé Moussar avikha :
« Il semble qu’il soit impossible de s’acquitter des “devoirs du cœur” sans agencer pour soi-même un livre portant sur les études qui lui sont nécessaires dans ce domaine… et quiconque est déjà parvenu à cette modalité de la conscience où il est en mesure de composer un système intellectuel par lui-même, ne peut en aucune façon atteindre à l’intégrité morale s’il n’applique pas son intellect à cette tâche. »
Toutefois, pour atteindre ce niveau qui permette de mettre par écrit des enseignements de Thora, il est nécessaire de commencer par les intérioriser et de s’identifier avec eux et de les formuler à partir de là. À Roch Hachana, nous nous souhaitons les uns aux autres « d’être inscrits dans le livre de la vie bienheureuse ». Le rabbi de Slonim explique dans son Nétivoth Chalom (Hochaana Rabba §1) au nom de rabbi Yaaqov Yossef de Polnoy :
« Les sages ont enseigné : trois livres sont ouverts à Roch Hachana ; les justes achevés sont immédiatement inscrits et scellés pour la vie bienheureuse… c’est-à-dire non comme constat concernant le passé, mais pour l’avenir. Cela signifie qu’on ouvre devant l’homme trois livres absolument vides et on lui dit de s’inscrire là où il le désire. S’il s’inscrit pour être désormais de pair avec les justes achevés, alors il est immédiatement inscrit pour la vie bienheureuse. »
Autrement dit, l’écriture exprime notre nature profonde, notre aspiration essentielle.
Deuxième étape, de transmettre ces messages à autrui.
Troisième étape, de veiller à ce que les auditeurs comprennent et intériorisent ces enseignements de morale et de Thora.
De cette manière, l’étude est vraiment plénière et véridique et il s’avère qu’elle a accompli son œuvre sur la personne de l’étudiant. Une étude de cette sorte est radicalement différente de l’étude de matières profanes, qui n’ont pas d’influence réelle sur la personnalité de l’homme.
Voici ce qu’écrit le rav Kook dans Oroth HaThora (chapitre 6, §1) :
« Ce qu’on étudie en sainteté, agit simultanément sur l’intellect et sur la volonté pour les raffiner ; l’illumination divine procède de la source substantielle de l’âme (néchama) et emplit toute son être… mais une étude profane, de quelque science du monde que ce soit, ne vivifie que le domaine spécifique qu’elle concerne. C’est là le fondement de ce qui distingue la sainteté de ce qui est profane du point de vue quantitatif, sans parler de la distinction d’une élévation infiniment plus sublime du point de vue qualitatif. »

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Traduit par Rav E. Simsovic

 

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