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Réflexions sur la Parachat Tsav avec le Rav Shaoul David Botschko – Toute la Terre est Sainte : Entre l’impureté du corps et la sainteté du lieu

Réflexions sur la Parachat Tsav avec le Rav Shaoul David Botschko – Toute la Terre est Sainte : Entre l’impureté du corps et la sainteté du lieu

Dans la Parachat Tsav, nous recevons les instructions précises concernant la ‎consommation de la viande du sacrifice de paix (Chelamim). La Torah souligne que cette ‎viande est sainte ; par conséquent, une double obligation s’impose : celui qui la ‎consomme doit être pur, et la viande elle-même doit rester pure. Si la viande entre en ‎contact avec une impureté — même la plus légère — elle est immédiatement ‎disqualifiée et doit être brûlée, comme il est dit :‎
‎« La chair qui aura touché quelque chose d’impur ne sera point mangée, elle sera brûlée ‎au feu ; et quant à la chair, quiconque sera pur pourra manger de la chair. » (Lévitique 7, ‎‎19)‎
L’allusion du verset : la règle du « Sorti » (Yotsé)‎
La seconde partie du verset, « quiconque sera pur pourra manger de la chair », semble ‎de prime abord n’être qu’une simple permission accordée aux personnes pures. ‎Cependant, Rachi, s’appuyant sur l’enseignement de nos Sages, y décèle une loi ‎fondamentale : l’interdiction de manger une viande sacrificielle qui est sortie de son ‎enceinte (en l’occurrence, hors des murailles de Jérusalem).‎
Pourquoi la Torah utilise-t-elle une formulation de permission (« pourra manger ») pour ‎nous enseigner une interdiction (« ce qui sort ») ? La réponse réside dans une précision ‎halakhique : si seule une partie d’un morceau de viande est sortie de Jérusalem, seule ‎cette partie est disqualifiée. La partie restée à l’intérieur — la « chair » demeurée pure et ‎à sa place — peut, et doit même, être consommée.‎
La question : Pourquoi le lieu diffère-t-il du corps ?‎
Une question fondamentale se pose alors : pourquoi la loi est-elle si stricte concernant ‎l’impureté — où si une partie est touchée, tout devient impur — alors qu’elle est plus ‎souple concernant le lieu — où si une partie sort, ce qui reste à l’intérieur demeure ‎permis ?‎
Pour comprendre cela, observons la nature des différentes disqualifications des ‎sacrifices :‎
• Le Temps : Les défauts de Piggoul (intention impropre) et de Notar (viande ‎laissée au-delà du temps imparti) sont liés à la dimension temporelle.‎
• Le Corps : L’impureté est liée à l’essence matérielle de la viande ou de l’homme.‎
• Le Lieu : C’est ici qu’intervient la dimension de l’espace.‎
Étonnamment, le défaut lié au lieu (Yotsé) n’est pas mentionné explicitement comme ‎une disqualification indépendante dans la Paracha, mais est appris par allusion. Cela ‎semble nous enseigner que l’interdiction de sortir du lieu est moins grave que celle de ‎l’impureté.‎
La conclusion : Une gradation dans la sainteté
La raison de cette distinction réside dans la perception de la sainteté de la Terre d’Israël : ‎toute la Terre d’Israël est sainte et pure. Certes, il existe des degrés dans cette sainteté ‎‎— le Temple est plus saint que Jérusalem, et Jérusalem plus sainte que les autres villes ‎‎— mais sortir de Jérusalem ne signifie pas sortir vers « l’opposé de la sainteté ».‎
Contrairement à l’impureté, qui est l’antithèse absolue de la pureté et profane le ‎sacrifice dans son essence, l’espace situé hors de Jérusalem reste un espace saint, bien ‎qu’à un degré moindre.‎
Si le sacrifice tout entier était disqualifié parce qu’une partie seulement en était sortie, ‎nous pourrions faire l’erreur de croire que seuls le Temple et Jérusaem sont porteurs de ‎sainteté, et que tout le reste de la Terre d’Israël est profane. C’est pourquoi la Torah a ‎rendu l’interdiction du Yotsé discrète et limitée : pour nous rappeler que même si le lieu ‎spécifique change, toute la Terre demeure sainte.‎