Pessah : réponses aux enfants dans la Haggada

Pessah : les réponses adéquates aux enfants dans la Haggada

 

Rav Nahum Botschko

 

La Thora prévoit les questions que les fils poseront à leur père et formule les réponses
qui devront êtres données.
Dans la Haggada de Pessah, nos maîtres ont réparti ces manières d’être fils en quatre
catégories : « le sage, le méchant, le simple et celui qui ne sait même pas qu’une
question se pose. » Cette répartition leur a été dictée par le contenu de la question et la
manière des réponses.

Lorsqu’on considère celles-ci, on constate qu’il y a une approche différente de chaque
manière d’être fils ; chaque réponse est dite sur un ton et d’une manière spécifiques.
L’éducation des enfants ne peut donc pas être stéréotypée. Chacun d’eux doit être
considéré dans son unicité et traité de la manière qui correspond à sa propre
personnalité. Ce qui convient à l’un ne convient pas nécessairement à l’autre.
Salomon l’avait déjà enseigné dans ses Proverbes (XXII, 6) : « éduque l’adolescent
selon sa voie ! »
Essayons de déterminer, en lisant la Haggada, la réponse qui convient à chacun de ces
fils :

Le sage et la sensibilité
Le sage : lui veut comprendre chaque chose. Il demande : « que sont les lois, statuts et
commandements qu’Hachem notre Dieu vous a donnés ? » À un tel fils, le père
explique que quelle que soit l’importance des investigations intellectuelles, il faut
prendre garde à ne pas se contenter d’être un pur esprit ; Il faut vivre dans
l’enthousiasme le miracle de la sortie d’Egypte (de même que rabbi Yéhouda Halévy
s’étend longuement dans le Kouzari sur l’importance du vécu de la Révélation du
Sinaï comme fondement de la foi). La réponse à la question du sage passe par
l’exposé de la halakha : « après le Pessah, plus rien n’est consommé. » Le Pessah,
c’est l’agneau pascal qui devait être consommé rôti au feu jusqu’à minuit et plus rien
– pas de dessert ! – ne devait être mangé après, son goût devant seul persister dans la
bouche, le goût manifestant le vécu nécessaire.

Le méchant et la collectivité d’Israël
Le méchant : celui-ci, sans même y prendre garde, s’exclut par sa question de la
collectivité d’Israël en demandant « quelle est cette servitude pour vous ? ». Il
appartient au père de relever, en l’accentuant, l’implication de ce « pour vous » où
résonne plus ou moins subrepticement un « pas pour moi ». Il doit souligner la gravité
de cette implication de désolidarisation en disant : « c’est pour cela qu’Hachem a agi
en ma faveur quand de l’Égypte je suis sorti » ; en ma faveur et non la sienne ! sache
qu’une telle attitude risque de te rendre étranger à ta famille et à ton peuple, ce qui
n’est certainement pas ce que tu recherches.

Le simple et l’élection d’Israël
Le simple : il voit tout ce qui se passe autour de lui lors du Séder, et demande
naïvement : « que se passe-t-il ? » Le père le place devant ses responsabilités : « À
main forte Hachem nous a fait sortir d’Égypte, de la maison des esclaves. » C’est-à-
dire qu’Hachem a fait de nous un peuple à part dès l’origine et cette spécificité s’est
historiquement dévoilée à la sortie d’Égypte. C’est pourquoi nous sommes au service
d’Hachem et devons chanter sa louange à la face du monde.

Rapprocher l’indifférent
Celui qui ne sait pas qu’une question se pose : il ne parle pas, ne communique pas. Il
peut y avoir à cela plusieurs raisons. Manque d’intérêt, isolement affectif… Il faut
donc, pour lui, prendre l’initiative : « Toi (au féminin), ouvre lui ». La mère,
affectivement plus proche, ou le père – maternellement – doivent l’aider à sortir de
son mutisme. En lui manifestant amour et attention, sans trop s’attarder sur le contenu
(la Thora ne dit pas explicitement quoi lui dire), les parents pourront le rapprocher .
Nos sages apportent pour preuve le verset : « Tu en feras le récit à ton fils en disant :
c’est pour cela qu’il a agi pour moi quand de l’Égypte je suis sorti. » Comme pour
dire au père : Fais attention : la Thora te demande de faire le premier pas.

En cette importante soirée, où père et fils sont assis ensemble, efforçons-nous de
transmettre à chacun des fils les thèmes de la foi et du service de Dieu de la manière
qui lui convient.

Font Resize
Contrast