Pessah : les jours de fête et ceux du ‘Omer

Pessah : les jours de fête et ceux du ‘Omer

 

Rav Nahum Botschko

 

Pessah, qui dure sept jours, comporte deux jours fériés, le premier et le septième. Pourquoi
sont-ils nécessaires, quelle est la nature et la signification de chacun d’eux et en quoi
diffèrent-ils ?
On sait que la Délivrance de Pessah a eu lieu tout entière sous l’égide de l’intervention
divine, traditionnellement désignée par l’expression « l’Éveil d’En-haut ». Le Saint béni soit-il
a fait tous les miracles alors que les Hébreux n’ont pratiquement rien eu à faire, alors qu’il
n’en est généralement pas ainsi ; l’homme est normalement appelé à œuvrer lui-même pour
obtenir son salut, avec l’aide de Dieu, mais en agissant activement, ce qu’on appelle « l’éveil
d’en bas », et selon l’expression traditionnelle : « ouvrez pour Moi une porte comme le chas
d’une aiguille et J’en ouvrirai une pour vous comme le portail du Temple ».

L’Éveil d’En-haut est la manifestation d’un amour formidable de Dieu pour le peuple
d’Israël ; elle se reproduit et se déverse sur nous d’année en année au temps de la fête de
Pour la « Déchirure de la mer Rouge », nous avons dû intervenir ; Dieu avait dit à Moïse :
« Parle aux Enfants d’Israël, et qu’ils avancent ! » alors que la mer encore grondait et
tempêtait. Ce ne fut que lorsque Nahchon fils d’Aminadav fut entré d’en l’eau dans un geste
de dévouement extraordinaire avançant jusqu’à ce que les eaux atteignent les narines et
avançant encore que la mer s’est ouverte! On peut même dire qu’il ne s’est pas agi d’un acte
individuel de sa part, mais qu’il exprimait la volonté et le désir de beaucoup des Enfants
d’Israël. Le miracle de la mer Rouge s’est donc produit avec la participation active d’Israël à
son déclenchement.

Pourquoi, lors de la Sortie d’Égypte elle-même, n’y a-t-il eu que l’Éveil d’En-haut alors que la
traversée de la mer Rouge a exigé aussi l’éveil d’en bas ?
Le rabbi de Slonim (Nétivot Chalom, Pessah, « Que cries-tu vers Moi ? », I) explique que lors de la
Sortie, Israël était encore soumis aux forces de l’impureté de l’Égypte. C’est pour cela que
certains voulaient retourner en arrière. Mais lors de la traversée de la mer Rouge, les
Hébreux ayant agit avec dévouement et abnégation en vue de s’affranchir des Égyptiens, ils
ont bénéficié d’une élévation plus haute, obtenant une Délivrance absolue de l’impureté de
l’Égypte. C’est la raison pour laquelle c’est précisément alors qu’ils ont pu chanter un
cantique – le Cantique de la mer – et pas avant. Parce que ce n’est qu’alors qu’ils ont accédé
à ce haut degré d’élévation de rupture radicale avec l’oppression de l’Égypte.

Certes, ce n’est qu’avec le Don de la Thora à Chavouot que s’achève vraiment la Délivrance
d’Égypte événement au cours duquel les Hébreux s’élèvent du niveau de « écarte-toi du
mal » pour atteindre à celui de « fais le bien ». Lors de l’Événement du Sinaï, les Hébreux ne
sont pas seulement affranchis des forces de l’impureté, ils parviennent aussi à la plénitude
en recevant la Thora.

Ce qui implique qu’en ces jours, les jours du décompte du ‘Omer entre Pessah et Chavouot,
où chaque jour est apte à la mise au point d’une vertu particulière, un effort sérieux nous
incombe aussi.

Beaucoup se demandent sur quoi ils doivent se concentrer dans cet effort de mise au point
de ces midoth, ces vertus ou qualités ou traits de caractère : il y a en effet tant à faire !
Le Gaon de Vilna, dans son commentaire sur Yona (IV, 3), répond : « les fautes sur lesquelles
quelqu’un a souvent trébuché en cette vie… les fautes que son cœur le porte à désirer
ardemment – c’est là qu’il doit faire porter l’essentiel de son effort de réparation. C’est cela
qu’il est venu corriger en cette vie. »

En vérité, la réponse est donc très simple : c’est très précisément ce qui nous est le plus
difficile qui nous montre ce qui est exigé de nous. C’est à ce qui nous attire le plus qu’il est
important de résister. C’est là que se joue l’essentiel de l’épreuve.
La mise au point des vertus est chose extrêmement difficile, semblable à la Déchirure de la
mer Rouge ; mais celui qui y porte son effort lors du décompte du ‘Omer bénéficie d’une
aide d’En-haut pour toute l’année. En effet, ces jours du ‘Omer sont de ce point de vue
comme des souches où s’enracine l’année tout entière.
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Traduit par Rav E. Simsovic

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