1 Tora mi-Tsiyon, Koh’av Yaacov
02-9972023, 02-9974924

Parachat Mikets – Nous sommes fils d’un seul homme

Parachat Mikets – Nous sommes fils d’un seul homme

Joseph gouverne l’Égypte entière reçoit ses frères et les accuse
d’être des espions. Ils répondent (Genèse XLII, 11) :
« Nous tous sommes les fils d’un seul homme ; nous sommes
honnêtes, tes serviteurs n’ont pas été des espions ! »
Les commentateurs s’interrogent : en quoi ce fait serait-il de nature à
convaincre le tyran qu’ils ne sont pas des espions ? Rabbi Haïm Benattar, auteur du grand commentaire Or HaHaïm, répond qu’il n’est pas d’usage
qu’un père envoie dix de ses enfants espionner. Rabbi Chimeon Soffer, auteur du commentaire Chir Ma‘on sur la Thora, ajoute que s’ils étaient
pris, cela signifierait la disparition de toute la famille.
Ce verset, toutefois, possède encore une autre dimension.
Soulignons d’abord que tout verset de la Thora est toujours doublement
important, pour sa valeur propre et pour sa signification dans le contexte
d’ensemble du récit. Ici aussi, c’est d’une part une réponse à l’accusation de Joseph et d’autre part une phrase magnifique : « Tous, nous sommes fils d’un seul homme, nous sommes honnêtes… » C’est vraiment un vœu pieux, mais pas une description véridique de la réalité. La fraternité aurait dû être présente parmi eux puisqu’ils sont tous fils d’un seul homme mais voici que haine et querelles s’étaient emparés de la famille. Ils auraient dû être des hommes de vérité et sont devenus des personnages rusés, ils ont raconté à leur père le pire mensonge qui se puisse concevoir lorsqu’ils lui ont fait croire que Joseph avait été dévoré.
Pourtant, à la lecture du verset d’un œil favorable, s’y découvre une
étincelle de téchouva ; en effet, les frères de Joseph énoncent que les
enfants d’une même famille devraient être vraiment fraternels. Ils aspirent à ce que tous les hommes doivent être : honnêtes, loyaux et sincères.
Ce n’est pas sans raison que la lettre alef manque au mot ana‘hnou
(le pronom « nous »), écrit dans le verset na‘hnou. Le alef est aussi le
chiffre de l’unité. Aveu dans le même souffle que l’unité manque au
groupe puisque Joseph, quoique présent n’en fait pas partie et que les
frères ne se sont pas encore lavés de leur haine. Mais en même temps,
expression de l’aspiration à la restauration de l’unité et de la vérité, à une vie sans mensonges.
Puissions-nous affirmer en vérité : nous sommes tous les fils d’un
seul homme.

Shaoul David Botschko

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