1 Tora mi-Tsiyon, Koh’av Yaacov
02-9972023, 02-9974924

Parachat Vayigach – En terre de Gochène

Parachat Vayigach – En terre de Gochène

La paracha de Vayigach qui relate le descente d’Israël en Égypte
s’achève par un verset où se mêlent joie et tristesse (Genèse XLVII, 27) :
« Et Israël s’installa dans le pays d’Égypte, dans le pays de
Gochène, et ils s’y fixèrent et fructifièrent et se multiplièrent
beaucoup. »
Les paraphrases araméennes (Targoum) expliquent pourquoi la
Thora a tenu à préciser « dans le pays de Gochène » et pourquoi elle a
ajouté « et ils s’y fixèrent » (Keter Yonathan, Genèse XLVII, 27) :
« Les Hébreux, disent-elles, s’installèrent dans le pays d’Égypte et
se bâtirent des maisons d’étude et des palais dans le pays de Gochène, ils
s’y fixèrent la possession de leurs champs et de leurs vignes. »
L’installation dans le pays de Gochène spécifiquement indique que
les Hébreux en Égypte ont organisé leur vie communautaire et ont eu soin
d’y avoir des maisons d’étude et des lieux de réunion de masse ; s’y fixer
exprime leur investissement dans l’agriculture égyptienne.
Grand paradoxe ! En Israël, les Hébreux étaient des bergers et en
Égypte ils sont devenus agriculteurs. Les bergers ne s’installent que
provisoirement, allant de pâturages en pâturages, alors que l’agriculteur
s’enracine sur sa terre. C’est là la catastrophe : en Israël ils étaient bergers
et ne se fixaient pas sur la terre qui était la leur et en Égypte ils
deviennent propriétaires terriens, mais dans un pays qui n’est pas le leur.
Ce verset explique la haine des Égyptiens pour les Hébreux : non
seulement ils apportent une culture étrangère, mais ils veulent aussi
devenir les maîtres du pays. Ce premier exil annonce le drame de tous les
exils à venir : la volonté de se fixer en un lieu qui n’est pas nôtre, ce qui
provoquera le rejet par les autochtones de ce corps étranger qui cherche à
se greffer sur eux.
La paracha s’achève par la terrible catastrophe du pays d’Égypte
devenant le pays des Hébreux, mais s’y mêle l’espérance annoncée par
« ils y fructifièrent et se multiplièrent beaucoup » et il est donc totalement
impossible que l’Égypte les absorbe et qu’ils y perdent leur identité.
Shaoul David Botschko

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