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La paracha dans le midrach par le Rav Shaoul David Botschko – Parachat Peqoudé : L’élève aurait-il dépassé le maître ?‎

La paracha dans le midrach par le Rav Shaoul David Botschko – Parachat Peqoudé : L’élève aurait-il dépassé le maître ?‎

Dieu a désigné à Moïse celui qui devait être le grand artisan de la ‎construction du Tabernacle : Betzalel fils d’Ouri de la tribu de Yéhouda. Celui-‎ci, rapporte la paracha, a eu connaissance d’un ordre que Dieu avait donné à ‎Moïse, mais que Moïse ne lui avait pas transmis correctement (Chémot XXXVIII, 22) :‎
‎« Et Betzalel, fils d’Ouri […] fit tout ce que Hachem avait ordonné à ‎Moïse. Il n’est pas écrit ici : “ce que Moïse lui avait ordonné”, mais : ‎‎“tout ce que Hachem avait ordonné à Moïse.” Cela veut dire que, même ‎pour ce que son maître ne lui a pas dit explicitement, il s’est trouvé ‎d’accord avec ce qui avait été dit à Moïse au Sinaï. Car Moïse avait ‎ordonné à Betzalel de commencer par la fabrication des ustensiles de culte, ‎et d’entreprendre ensuite celle du tabernacle. Ce à quoi Betzalel avait ‎objecté : “On commence d’habitude par construire la maison, et seulement ‎ensuite, on y met les meubles !” Moïse lui dit alors : « C’est bien ce que ‎j’ai entendu de la bouche du Saint, source des bénédictions !” Et ‎d’ajouter : “te serais-tu trouvé dans l’ombre de Dieu (betzél-el) ? il est ‎évident que c’est bien cela que le Saint, source des bénédictions m’a ‎ordonné !” Et c’est effectivement ce qu’il a fait : d’abord le tabernacle et ‎ensuite les ustensiles du culte. » ‎
Pourquoi donc Moïse aurait-il changé l’ordre qu’il reçu de Dieu ? C’est ‎parce qu’il voulait indiquer au peuple d’Israël la finalité du Tabernacle. De ce ‎point de vue, ce sont les ustensiles du service, les « meubles » qui sont ‎l’essentiel, tels que l’Arche contenant les Tables de l’Alliance. Moïse dit ainsi : ‎‎« ne vous attachez pas à ce qui est extérieur, à la beauté du bâtiment, mais ‎attachez vous à l’essentiel, à l’âme du bâtiment, c’est-à-dire à la Thora et à toutes ‎les valeurs qu’elle renferme. » ‎
Moïse a certes raison dans l’absolu, mais dans la pratique, les hommes ne ‎viendront à la Thora que si elle leur offre un visage accueillant ; une fois venus, ‎ils pourront être menés à l’essentiel.‎
Il n’y a pas controverse entre Moïse et Betzalel : Moïse enseigne l’idéal et ‎Betzalel dévoile la démarche concrète qui permet de le réaliser.‎