1 Tora mi-Tsiyon, Koh’av Yaacov
02-9972023, 02-9974924

Emor – Notre influence sur la réalité

Emor – Notre influence sur la réalité

Rav Nahum Botschko

 

« Hachem parla à Moïse pour dire : Parle aux enfants d’Israël et dis-leur les fêtes d’Hachem que vous appellerez appels de sainteté, voici mes fêtes : six jours durant se fera le travail, mais le septième jour est jour de repos…» (Lévitique XXIII, 1-4). Après cette introduction, la Thora liste toutes les fêtes. Bien des commentateurs se demandent pourquoi la Thora commence par parler du chabbat alors qu’elle vient donner les instructions concernant le calendrier des fêtes.
Pour répondre à cette question, examinons d’abord l’une des différences significatives entre le chabbat et les fêtes.
La sainteté du chabbat est fixée de manière permanente. Depuis le temps des six jours du commencement, le septième revient de manière régulière avec son caractère particulier tel qu’Hachem le lui a insufflé sans aucune intervention humaine. Par contre, la date des fêtes dépend de la date à laquelle sera fixé le commencement de chaque mois, responsabilité qui incombe au Grand tribunal de Jérusalem en chaque génération, de par les témoignages de ceux qui ont vu la nouvelle lune1. C’est donc, en fin de compte, Israël qui décide de la fixation du calendrier.
De quelle puissance Israël est investi! C'est Israël qui décide de la date des fêtes. Si, par exemple, le tribunal ayant fixé la date de Pessah, un Juif mange délibérément du hametz ce jour-là, il sera passible de la peine de retranchement (careth), c’est-à- dire que la durée de sa vie pourra être réduite de par décision divine. Il s’en suit que l’applicabilité de la sentence divine est soumise au fait que le tribunal humain a décidé que c’était Pessah ! Nos actes – en l’occurrence, par exemple, le témoignage de ceux qui ont vu la nouvelle lune, les délibérations et la décision du tribunal – influent directement et de manière décisive sur la vie de chacun, sur son environnement immédiat et lointain, sur son peuple, le monde entier et même les mondes d’en-haut.
Cela procède du fait qu’Hachem a voulu nous associer de manière totale au projet de la création, c’est-à-dire à la marche de l’histoire, la progression vers la Délivrance et la rédemption du monde. Le midrach illustre cela d’une manière extraordinaire : sur le verset du Cantique des cantiques « ma colombe, ma parfaite », en hébreu yonati tamati, le midrach nous fait lire yonati téomati, qu’il faut traduire par « ma colombe, ma jumelle ». L’assemblée d’Israël, Knesset Israël, se trouve en quelque sorte promue au rang de sœur jumelle du Saint-source-des-bénédictions, car le Maître des mondes lui a donné pouvoir d’agir comme Lui-même sur la réalité tout entière. Nous pouvons comprendre maintenant pourquoi il est important que la Thora commence par rappeler le principe de la sainteté du chabbat. Les détails techniques sont un peu compliqués et n’ont pas leur place ici. Malgré les formidables pouvoirs du Grand tribunal de Jérusalem, il est une sainteté qui surpasse celle des fêtes ; la sainteté du chabbat qui ne dépend que d’Hachem prime la sainteté des fêtes fixées par les hommes.
La différence est si grande que Rachi cite un midrach qui nous enseigne que qui profane les fêtes a comme profané le chabbat et qui observe les fêtes a comme observé le chabbat. C’est dire que la sainteté du chabbat dépasse infiniment la sainteté des fêtes de même que la puissance divine dépasse infiniment celle des conduites humaines. Mais, comme nous l'enseigne Rachi, il y a un lien entre les deux saintetés. C'est seulement si l'homme participe à la sanctification du monde qu'il peut saisir la sainteté du chabbat, celle qui vient de Dieu.
Dans la réalité quotidienne, il nous est difficile de nous représenter à quel point chacune de nos actions influe sur tous les niveaux du réel. Si nous parvenons à nous pénétrer de cette idée, si nous comprenons à quel point tous nos actes, nos paroles et même nos pensées agissent sur le monde, il nous sera d’autant plus facile de pratiquer les mitzvoth et de prendre garde à ne pas commettre de fautes.

 

Traduit par Rav Simsowitch

 

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