1 Tora mi-Tsiyon, Koh’av Yaacov
02-9972023, 02-9974924

Emor – La pureté des Cohanim

Emor – La pureté des Cohanim

Rav Nahum Botschko

 

La Thora dit à propos d’un cohen devenu impur :
« …et il ne mangera pas des choses saintes si ce n’est qu’il aura lavé sa chair dans l’eau. Et le soleil se couchera et il sera purifié et ensuite il mangera des choses saintes car c’est son pain. » (Lévitique 22, 6-7).
Autrement dit, même lorsque le cohen s’est baigné, il n’est pas encore entièrement pur. Il doit attendre le coucher du soleil pour pouvoir manger la térouma[1]. Toutefois, il n’est pas nécessaire qu’il attende jusqu’au lendemain où il aura pu présenter l’offrande de réparation dont il s’est rendu redevable à cause de son impureté. Bien qu’encore en état de « défaut d’expiation », il peut dès le soir manger la térouma.
Au début du traité Bérakhot (2a-2b), le Talmud traite de l’expression ambiguë du verset. Sa traduction classique, que nous avons citée ci-dessus, est « le soleil se couchera » ; mais le texte dit littéralement « le soleil sera venu » et cela pourrait vouloir dit « se sera levé » (donc le lendemain) et non « se sera couché ». Cette différence a une incidence sur le sens du mot suivant, traduit ici par « il sera purifié » ; en effet, il peut se rapporter à la personne du cohen qui sera purifiée de son impureté ou au jour au long duquel le cohen a été impur et qui se sera totalement achevé, « purifié » en quelque sorte de toute la lumière du jour d’avant.
Le rav Kook (‘Eyn Aya sur Bérakhot, chapitre 1 §3) voit dans cette analyse talmudique une allusion à deux dimensions du processus de téchouva : le stade initial où le jour est « purifié » et ensuite, lorsque la téchouva a atteint son stade optimal, l’homme est purifié. Lorsque l’homme faute, ce jour est perdu ; au lieu de s’accomplir positivement, en plénitude, il a été rendu impur, Sali en quelque sorte par le comportement fautif. Lorsque l’homme entame le processus rédempteur, s’exprime d’abord le regret d’avoir fauté ce par quoi se répare et se purifie le jour « qui a vu la faute ». Mais la personne elle-même n’est pas encore restaurée dans sa dignité d’avant la faute. Elle n’est pas encore pure. Ce n’est que lorsque l’homme aura atteint le stade où le repentir par amour rédime même les fautes volontaires, lorsque les énergies même qui avaient servi la faute sont réinvesties pour le bien et ainsi transmuées en mérites, ce n’est qu’alors que l’homme sera purifié vraiment. Ainsi, d’abord « le jour est pur » et ensuite « l’homme est pur ».
Ce processus est parallèle à celui de la purification du cohen. Pour pouvoir manger la térouma, il suffit que le soleil se soit couché et que le jour soit purifié. En effet, la térouma est d’un moindre degré de sainteté, élevée par prélèvement de la récolte qui elle était profane et est restée profane.
Pour manger des nourritures « vraiment » saintes, il lui faut attendre le lendemain pour présenter son offrande d’expiation et parachever sa purification, « car celui qui veut se sanctifier et être saint doit aussi guérir d’abord ce qui précède » (Rabbi Tzadoq Hacohen de Lublin, Tzidqat Hatzadiq, 12.).
Ce sujet fait partie de la question sur laquelle s’ouvre le Talmud. Celle-ci concerne le moment précis à partir duquel il est permis de prononcer la profession de foi du Chema‘ Israël le soir : « à partir de quand lit-on le Chema‘ le soir ? »
Diverses réponses sont proposées : « à partir du moment où les cohanim rentrent pour manger de leur térouma » (comme nous l’avons vu plus haut), « à partir du moment où le pauvre rentre chez lui pour manger son pain avec du sel », « à partir du moment où les gens rentrent pour manger leur repas les veilles de chabbat », à partir du moment où la plupart des gens rentrent chez eux pour se mettre à table », et d’autres encore. Il est remarquable que toutes ces propositions se rapportent à l’heure d’un repas.
Rabbi Tzadoq Hacohen de Lublin explique : « le temps de la profession de foi du Chema‘ dépend du temps du repas… car du manger dépend l’existence et ainsi la prise sur soi du joug de la souveraineté divine. » (Ibid., 7)
De même que la nourriture est indispensable à l’existence physique de l’homme, de même la profession de foi du Chema‘ qui exprime la prise sur soi du joug de la souveraineté divine est indispensable à son existence spirituelle et donne une signification infinie à la finitude de sa vie.
Traduit par Rav E. Simsovic

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[1] Prélèvement effectué au bénéfice du cohen sur les produits agricoles. Il n’est pas quantifié par la Thora mais le Talmud indique les minima et maxima souhaitables.

 

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