1 Tora mi-Tsiyon, Koh’av Yaacov
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Devarim – « Voici les paroles que Moise a adressées à tout Israël »

Devarim – « Voici les paroles que Moise a adressées à tout Israël »

Rav Nahum Botschko
Le Livre du Deutéronome commence par les versets suivants :
Voici les paroles que Moïse adressa à tout Israël en deçà du Jourdain, dans le désert, dans la plaine en face de Souf, entre Paran et Tofel, Labân, Hatzéroth et Di-Zahav… Et ce fut en la quarantième année, au onzième mois, au premier jour du mois, que Moïse a parlé aux enfants d'Israël…
Rachi, suivant en cela le Midrach, explique que Moïse a prononcé ces paroles au-delà du Jourdain, proche de sa mort, peu avant l’entrée d’Israël sur sa terre. L’énumération des noms de lieux, « dans le désert, dans la plaine en face de Souf, etc. » constitue, dit-il, une admonestation voilée, s’agissant de tous les endroits où les Hébreux ont fauté, provoquant la colère divine. Par exemple : Di Zahav (littéralement « de l’or en suffisance ») fait allusion au veau d’or qui eu pour cause l’abondance d’or qu’ils possédaient.
D’où la question : est-ce vraiment tout ce que Moïse a trouvé à leur dire en préambule à son discours, juste avant leur entrée au pays, juste avant sa mort ? N’eut-il pas été plus approprié de leur donner des paroles de soutien et d’encouragement face aux défis qui les attendaient ?
Pour répondre à cette question, examinons le commentaire de Rachi sur le verset 8 ci-après : « allez, prenez possession du pays… »
Nul ne s’y oppose et vous n’aurez pas à livrer bataille. S’ils n’avaient pas envoyé d’explorateurs, ils n’auraient pas eu besoin d’armes. (D’après Sifré ad loc.)
Le Midrach nous dévoile que n’eut été la faute des Explorateurs, nous aurions conquis le pays sans combat. Le rav Kook tient dans Orot des propos similaires (« La guerre », §4) :
« N’eut été la faute du veau d’or, les peuplades occupants Eretz Israël auraient pactisé et reconnu la légitimité du peuple d’Israël, car le Nom divin évoqué sur Israël aurait éveillé chez eux la crainte révérencielle et aucune forme de guerre n’aurait eu lieu. C’est par voie de paix que l’influence se serait propagée… »
On sait que la Providence accompagnant Israël au désert avait un caractère miraculeux, sous la direction de Moïse. Cette forme de Providence se manifestait entre autres par le fait que la réaction divine à chaque faute était immédiate, sans tergiversation. En entrant en Eretz Israël, les Hébreux vont passer de cette Providence miraculeuse sous la conduite de Moïse à une Providence par voie de nature sous la conduite de Josué. Il importe donc au premier chef à Moïse de souligner maintenant que ce sont leurs fautes qui ont eu pour conséquence d’être restés quarante ans dans le désert. Et que c’est elles aussi qui font qu’à présent il faudra combattre durement pour conquérir le pays. Entrant dans le pays, il faudra qu’Israël se souvienne de l’influence des fautes sur leur relation à Dieu, et sur leur avenir qui en sera négativement affecté. Certes, en Israël, la sanction des fautes ne sera plus immédiate, mais il faut précisément bien saisir que la Providence divine agit en fonction de leur propre conduite, comme le Sifré et le rav Kook l’ont exprimé.
Ainsi en fut-il au temps de la génération qui fut la première à entrer dans le pays et ainsi en fut-il à chaque génération. Et de notre temps à nous aussi, dans notre État d’Israël bien sûr, mais plus généralement dans toute la diaspora du peuple d’Israël dans le monde, la Providence divine dépend de notre conduite. Nous devons, chacun d’entre nous, nous efforcer de vivre cette idée et grâce à cela nous bénéficierons de la part de Dieu d’une protection totale contre tous nos ennemis dont le seul désir est de nous détruire.

Traduit par Rav E. Simsovic

 

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