1 Tora mi-Tsiyon, Koh’av Yaacov
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Vayelekh – Haqhel, le rassemblement

Vayelekh – Haqhel, le rassemblement

Rav Nahum Botschko
La paracha de cette semaine énonce le précepte connu sous le nom de haqhel, le rassemblement (Deutéronome xxxi, 10-13) : « Au terme de sept années, au temps de l’année de relâche (chmita), lors de la fête de Souccoth, quand viendra tout Israël pour se présenter à la Face d’Hachem ton Dieu au lieu qu’Il aura choisi, tu liras cette Thora devant tout Israël à leurs oreilles. Rassemble le peuple, les hommes et les femmes et les enfants et ton étranger qui est dans tes portes, afin qu’ils entendent et afin qu’ils apprennent et qu’ils vénèrent Hachem votre Dieu et qu’ils prennent garde à réaliser toutes les paroles de cette Thora. »
Le mitzva consiste donc à rassembler tout le peuple d’Israël lors de la fête de Souccoth qui suit immédiatement l’année de chmita (donc au commencement de la huitième année) et à lui lire certains passages de la Thora, « passages de nature à les stimuler à l’accomplissement des commandements et à les affermir dans la loi de vérité. » (Maïmonide, Michné Thora, règles de Festivité, chapitre iii, règle 1) Comment faut-il comprendre ce commandement de haqhel ? Pourquoi ce rassemblement doit-il se tenir précisément après l’année de chmita ? Pourquoi faut-il veiller à ce que tout le peuple y soit présent ? Rabbi Éphraïm de Lonschitz, auteur du Kéli Yaqar, explique que la fête de Souccoth constitue le commencement privilégié pour la repentance collective, après les dix jours dits de « pénitence » allant de Roch Hachana à Yom Kippour qui sont le temps des repentirs individuels. La meilleure préparation à la repentance collective est la rencontre et l’union ; le précepte de la réunion en bouquet des quatre espèces du loulav y fait déjà allusion,espèces où se trouvent représentées les divers manières d’être d’Israël, « afin que tout Israël ne forme qu’une seule gerbe et fassent expiation les uns pour les autres ».
Le verset de Job (xxxvi, 5) en est une indication, verset que la tradition (Bérakhot 8a) nous fait lire comme signifiant que Dieu ne dédaigne pas la prière collective. Dans cette perspective, on comprend pourquoi le haqhel doit se tenir précisément au début de la fête de Souccoth. Rabbi Qalonymos Kalmann, auteur du Maor VaChemech, considère également l’exigence d’unité du peuple d’Israël comme étant à la racine de ce commandement. Il précise, se fondant sur les versets, que telle est la raison de la lecture publique de la Thora en présence de tout le peuple, afin d’amplifier l’amour et la fraternité entre les diverses populations du peuple, y compris celles qui se sont éloignées de la voie du bien, de sorte que nul ne puisse leur nuire. Ainsi sera renforcée aussi au sein du peuple la crainte de Dieu. Se fondant sur ce qui précède, il explique pourquoi le texte commence par dire : « tu liras cette Thora devant tout Israël à leurs oreilles » et après seulement : « rassemble le peuple… » La logique chronologique aurait voulu qu’ils soient rassemblés d’abord et qu’on lise ensuite. C’est, dit le Maor VaChemech, parce que « Rassemble le peuple » est l’essentiel du contenu de ce qu’il y avait à lire dans la Thora ! Efforcez-vous de vous rassembler et de vous unir et vous parviendrez ainsi à la crainte de Dieu. Le fait que ce soit aussi à l’issue de l’année de chmita que le haqhel doive prendre place participe du même mouvement de signification. Un cycle de temps prend fin et un cycle nouveau commence. Ce rassemblement prend ainsi une dimension d’événement fondateur. Son influence bénéfique se fera sentir sur les sept années à venir, en même temps qu’il achève et scelle le cycle des sept années précédentes.
Représentons-nous tout le peuple d’Israël se réunissant, toutes tribus, toutes communautés et toutes obédiences, toutes tendances et toutes nuances, hommes et femmes et enfants, tous, tous sans exception, venus entendre ensemble leur unique Thora, et s’engager à la respecter et à la réaliser ! Manifestation d’unité insurpassable ! Unité réalisée à partir de la Thora, qui renforcera toutes les parties du peuple et affermira la robustesse de la nation et son esprit. Un événement sublime de cette sorte est de nature à donner au peuple tout entier la force de poursuivre son chemin sur la voie de Dieu pour les sept années à venir et à surmonter tous les obstacles et à vaincre indistinctement tous les fauteurs de haine, qu’ils soient physiques ou moraux.
Le rav Tzvi Yéhouda Hacohen Kook זצ"ל insistait sur l’importance de l’étude de la Thora fondée sur la précision contenue dans la bénédiction qui la précède : nous disons d’abord « qui nous a choisis d’entre tous les peuples » et ensuite seulement « et nous as donné Sa Thora ». Nous étions déjà peuple avant de la recevoir et c’est notre unité de peuple qui seule peut et doit assurer la présence authentique de la Thora.

 

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