1 Tora mi-Tsiyon, Koh’av Yaacov
02-9972023, 02-9974924

Parachat Vayétzé – Le frère de sa mère

Parachat Vayétzé – Le frère de sa mère

Jacob fuit la colère de son frère Ésaü. Il rencontre Rachel auprès
d’un puits et abreuve le troupeau de Laban. Trois fois de suite, le verset
souligne que ce dernier est le frère de sa mère (Genèse XXIX, 10-11) :
« Et ce fut, lorsque Jacob eut vu Rachel fille de Laban, le frère de sa
mère et le troupeau de Laban, le frère de sa mère, que Jacob
s’approcha et fit rouler la pierre de sur la bouche du puits et
abreuva le troupeau de Laban, le frère de sa mère. Et Jacob
embrassa Rachel et il éleva la voix et pleura. »
Pourquoi le verset répète-t-il ce détail ?
Jacob travaillera dur pour épouser Rachel et pour faire fructifier le
troupeau de Laban. On peut se demander comment Jacob a pu se lier à un
tel mécréant ? Non seulement il épouse ses filles mais il travaille aussi
pour lui. La réponse tient dans ces mots : « le frère de sa mère. » Sa mère
Rivqa est une une Juste et Rivqa et Laban sont issus de la même souche.
Il faut donc bien qu’en Laban lui-même soit présent un germe de sainteté
enfoui profondément sous l’amoncellement de ses appétits de biens
matériels.
Lorsque Jacob eut vu le troupeau de Laban, le frère de sa mère, il a
vu aussi ce qui pouvait provenir de Laban en tant qu’il est le frère de sa
mère du fait de ce germe de sainteté enfoui en lui. La traduction efface
l’indice important que l’hébreu révèle : le verbe « provenir », en hébreu
(לצאת) contient les deux premières lettres du mot « troupeau » (צאן). C’est
ce que Jacob a compris aussitôt : sa mission sera d’agir afin de faire
émerger cette sainteté et c’est pourquoi il a abreuvé le troupeau de Laban,
le frère de sa mère. Cette sainteté ajoutera une dimension à Jacob lui-
même et c’est pourquoi, dans le verset suivant, Jacob embrassa Rachel.
Les lettres des verbes « abreuver » et embrasser », bien que n’étant pas de
la même racine grammaticale, sont identiques en hébreu à la troisième
personne du futur – vayachq/vayichaq – seule la prononciation est différente. En abreuvant (vayachq) il donne et en embrassant (vayichaq),
il reçoit.
Tel est le lien entre l’époux et l’épouse, donner et recevoir,
influencer et être influencé par la sainteté particulière de l’une et de
l’autre.

Shaoul David Botschko

Font Resize
Contrast