1 Tora mi-Tsiyon, Koh’av Yaacov
02-9972023, 02-9974924

Emor – Dvar Thora

Emor – Dvar Thora

Les versets de la semaine

 

 

Emor 1. - Le compte parfait

 

 

Cette paracha nous enseigne la mitzva du compte du ‘Omer durant
les sept semaines reliant Pessa‘h à Chavouot.
« Et vous compterez pour vous depuis le lendemain du Chabbat (1)
, du jour où vous aurez apporté la gerbe du balancement, sept semaines
– elles devront être complètes » (Lévitique 23, 15)
 
Le mot que nous avons traduit pas « complètes » – témimoth –
signifie plus exactement en hébreu « parfaites ».
Cela vient nous enseigner une dimension essentielle de la mitzva du
compte du ‘Omer.
Nous savons que cette mitzva relie deux fêtes : Pessa‘h, accession à
la liberté matérielle et Chavouot, affranchissement spirituel grâce au don
de la Thora ; elle relie aussi le monde des mitzvoth, Pessa‘h, au monde de
l'étude de la la Thora: Chavouot.
 
Mais dire que ces semaines doivent être parfaites indique qu’elles
ont une valeur en elles-mêmes.
Le Kaf Ha‘hayim (2) explique que le
compte du ‘Omer est une mitzva en elle-même et que ces jours-là ont une
sainteté particulière : il s’agit de la mitzva de l’amour du prochain. Cette
mitzva qui est la clé de voûte du judaïsme comme rabbi Aqiva l’a si bien
mis en valeur.
Cette mitzva, plus que toute autre, doit être « parfaite ».
C’est ainsi, explique le Ari ל"ז, que les élèves de rabbi Aqiva sont
morts précisément dans cette période pour avoir porté atteinte à sa
sainteté particulière.
 

C’est aussi dans cette période que prennent place le jour de
commémoration de la Choa – Yom Hachoa vé-haGuévoura (3) – qui vise à

nous faire prendre conscience du fait que si nous ne sommes pas unis et
solidaires, nous ne pourrons pas assurer le renouveau de notre peuple, et
yom Hazikaron le jour du rappel de l’héroïsme des soldats tombés pour
que vive le peuple d’Israel sur sa Terre, témoignage du sacrifice suprême
qu’un homme puisse faire pour la collectivité.
 
C’est aussi dans cette période que nous célébrons, à la date où elles se sont produites,
la Déclaration d’Indépendance de l’État d’Israel, jour qui représente avant
tout, que les composantes du peuple se rassemblent au-delà de leurs
divergences pour assurer l’avenir et le développement de la collectivité et
la Libération et l’unification de Jérusalem qui en est sans doute la
manifestation la plus haute

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(1) Désignant ici le lendemain du premier jour de la fête de Pessa‘h.
(2) Ouvrage de halakha du rav Yaaqov Hayim Sofer, équivalent pour les Juifs séfarades de ce que
représente le Michna Broura pour les Achkénazes, avec la dimension supplémentaire du recours
systématique à l’enseignement du Ari ל"ז pour l’explicitation de la signification des mitzvoth.
(3) Dont la date n’a pas été fixée arbitrairement : c’est celle de l’anniversaire de la révolte du ghetto de
Varsovie.

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Emor 2. - La loi du talion

 

 

« L’homme qui aura rendu son prochain invalide, comme il a fait,
ainsi lui sera fait. » (Lévitique 24, 19)
C’est ce qu’on appelle « la loi du talion ».
 
Nous savons tous que pour la tradition d’Israël unanime ce verset
exprime le principe de l’obligation d’un dédommagement pécuniaire pour
toute atteinte à l’intégrité physique d’autrui.
 
Mais une question se pose : pourquoi la Thora ne l’a-t-elle pas dit
explicitement ? Pourquoi a-t-elle formulé sa règle d’une manière
suffisamment équivoque pour laisser place à l’erreur d’interprétation,
contraignant la tradition à corriger le malentendu.
 
C’est parce que la Thora exprime ici le cri de la victime. En effet,
aucune somme ne peut vraiment réparer le fait, pour un homme, d’avoir
été rendu invalide.
 
Si la Thora écrivait que l’agresseur doit dédommager la victime
signifierait qu’elle considérerait le paiement comme une véritable
réparation.
Non ! L’auteur d’un tel crime doit savoir que ce qu’il a fait n’est pas
réparable et qu’il mériterait d’être puni en subissant lui-même ce qu’il a
fait subir.
 
Mais bien évidemment, cela n’aide en rien la victime :
châtiment n’est pas réparation. De plus, pour la Thora, châtiment n’est
pas vengeance, laquelle ne serait que cruelle.
 
Aussi la tradition nous a expliqué que, dans les faits, l’auteur des coups paiera,
mais la Thora a laissé la loi du talion dans le texte pour que nous sachions tous
qu’il y a des actes qui ne sont pas réparables.
La Thora nous enseigne ici le principe de l’inviolabilité de la
personne humaine.

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