1 Tora mi-Tsiyon, Koh’av Yaacov
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Chemot – Le moteur générateur de la Délivrance

Chemot – Le moteur générateur de la Délivrance

Rav Nahum Botschko
Moïse se trouve promu à la fonction de délégué de Dieu préposé à faire sortir Israël d’Égypte. Un problème le préoccupe. Il va se présenter comme mandataire ; lorsque ses interlocuteurs lui demanderont le nom du mandat, que répondre ? Dieu lui dit : “Je serai” m’a envoyé vers vous. » (Chemoth 3, 14) Réponse, il faut bien l’avouer, quelque peu incompréhensible ! D’abord, Dieu commence par dire « Je serai qui Je serai », mais tout se passe comme s’Il se ravisait ; immédiatement après il suggère à Moïse de dire seulement : « Je serai... »
Le Talmud enseigne (Bérakhot 9b) : “va, dis à Israël [de Ma part que] Moi J’ai été avec vous dans cet asservissement et Je serai avec vous dans les asservissements aux empires.” Moïse a dit devant Lui : “Maître du monde, chaque épreuve en son temps !” [Rachi : Il leur suffira d’avoir à affronter l’épreuve quand elle se manifestera ; pourquoi les accabler maintenant par une pénible annonce ?] Dieu lui dit alors : “Vas et dis leur ‘Je serai’ m’a envoyé vers vous.” »
Dans un premier temps, Dieu fait référence aux asservissements encore à venir ; après l’intercession de Moïse faisant valoir qu’il n’est pas nécessaire de prendre des acomptes sur les malheurs futurs, Il se rend à ses raisons et restreint la déclaration à l’asservissement présent en Égypte.
Deux principes fondamentaux nous ont ainsi été communiqués. Le premier – et c’est l’essentiel du dire divin – Dieu est toujours présent aux côtés d’Israël dans les affres et les tourments qu’il traverse. Le verset « Je suis avec lui dans le malheur » (Psaume 91, 15) l’affirme explicitement. Dieu est présent « Je serai qui Je serai. Ainsi diras-tu aux Enfants d’Israel « Je serai qui Je serai. Le Saint béni soit-Il dit à Moïse : pour soutenir Israël et œuvre pour le délivrer et le faire passer de la servitude à la liberté. Le second, c’est que les semences des délivrances futures sont déjà enfouies dans la Sortie d’Égypte sous la conduite de Moïse.
L’objectif final est la Rédemption à laquelle devra œuvrer le peuple élu. Moïse entreprend ici sa mission, mais l’aboutissement de cette mission n’interviendra que dans l’avenir, lors de la Délivrance ultime. « L’essentiel de la mission ne sera évidemment accompli qu’au terme de tous les exils. Ce n’est qu’alors que sera atteinte la sublime finalité à laquelle Israël est destiné... Mais, lorsqu’ils méritent d’être délivrés, la Thora peut opérer sur eux une opération de délivrance, comme si cette délivrance leur était permanente. La puissance actuelle de la délivrance ne sera en rien affaiblie du fait que d’autres exils sont encore à venir.
Bien qu’en vérité tous ces événements soient liés les uns aux autres et que, présents encore sur la Terre de sainteté, la Thora préparât déjà à leur intention une situation pour toujours stable et assurée, même dans les profondeurs
Si nous voulons agir à la ressemblance de l’œuvre de Moïse et être associés à la délivrance d’Israël, nous pouvons le faire au travers d’actions très simples. Le Talmud (Bérakhot 8a) indique la marche à suivre : de Thora et de bienfaisance et prie avec la communauté, Je le considère comme s’il M’avait libéré, Moi et Mes enfants, d’entre les nations du monde. »
Il ne fait pas de doute que la guémara ait appris ces trois choses de la figure du libérateur d’Israël. Moïse lui-même est à la fois l’exemple et le modèle de ces trois vertus : il fait œuvre de Thora : la Thora de Moïse. Il fait œuvre de bienfaisance : le midrach décrit avec force détails le souci qu’il a d’autrui, la manière dont il prend soin de son troupeau, ce qui lu valut d’être « Le Saint béni soit-Il a déclaré : quiconque fait œuvre choisi pour être le berger d’Israël. Et il ne fait pas de doute qu’il a aussi prié avec la collectivité, puisque toute sa vie il n’a cessé de prier en faveur d’Israël et qu’il a même été disposé à ce que son nom soit effacé de la Thora afin que Dieu pardonne la faute d’Israël et qu’Israël soit sauvé.
Le Maharal de Prague (Nétivoth Olam, le sentier de la bienfaisance, chapitre 1) explique que la fin de l’exil sera obtenue par le fait que nous nous relèverons de la vile situation dans laquelle nous nous trouvons et que c’est grâce à trois choses qu’Israël se sort de l’exil : Grâce à la bienfaisance et à l’étude de la Thora, le particulier s’élève et se surhausse : la bienfaisance élève l’homme parce que par elle il quitte son égoïsme et prend souci d’autrui. Le livre des Proverbes l’énonce clairement (Proverbes 14, 34) : « la charité élève une nation. »
L’étude de la Thora élève l’homme et lui permet d’acquérir de nombreuses vertus. La Thora redresse l’homme et l’amène à être en harmonie avec l’ordre approprié à la réalité. De même, la prière collective (minyane) constitue comme une mini-délivrance : lorsque la collectivité prie, cela constitue une sortie de l’état de dispersion d’Israël qui est dispersé entre les peuples et c’est considéré comme s’il avait été racheté et délivré d’entre les peuples... parce qu’il se libère de l’emprise des nations en revenant à Dieu. »
Nous avons reçu le privilège de vivre au temps de la Délivrance. Prions pour en voir la manifestation grandiose et consacrons-nous aussi avec encore plus d’énergie à l’étude de la Thora et à participer à l’ensemble des activités en faveur de la communauté et de la collectivité. « Lorsqu’Israël se rassemble en tension vers Dieu.

Traduit par Rav E. Simsovic

 

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