1 Tora mi-Tsiyon, Koh’av Yaacov
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Rav Shaoul David Botschko – Parachat Vayera – Chaîne

Rav Shaoul David Botschko – Parachat Vayera – Chaîne

À l’écoute de la Thora

La halakha de la semaine

Parachat Vayera

Chaîne

Nous assistons, dans la paracha de cette semaine aux extraordinaires vertus d’hospitalité d’Abraham. Le désir d’accueillir des visiteurs, la précipitation à leur rencontre, le traitement qui leur est fait, le repas somptueux qui leur est servi et, pour finir, lorsqu’ils prennent congé, il les raccompagne une partie du chemin. Trois versets choisis parmi beaucoup d’autres nous permettront d’apprécier l’empressement d’Abraham dans l’accomplissement de cette mitzva.

« et Avraham rentra en hâte dans la tente auprès de Sarah son épouse et lui dit : prépare vite trois mesures de farine de pur froment, pétris et prépare des gâteaux. Puis Abraham courut au troupeau et il prit un veau tendre et gras et le donna au serviteur qui se hâta de l’accommoder. Puis il prit de la crème et du lait et ensuite le veau qu’on avait préparé et il les leur servit et lui se tenait debout auprès d’eux sous l’arbre et ils mangèrent. » (Genèse XVIII, 6–8)

L’hospitalité est-elle une bonne action et celui qui accueille des hôtes de passage mérite tous les compliments pour sa générosité ou bien est-ce un commandement de la Thora parmi tous les autres et celui qui ne la pratique pas commet une faute critiquable ?

Pour Maïmonide, il s’agit de l’une des conduites liées à l’amour du prochain. L’amour du prochain nous éduque à l’entraide et au devoir de venir en aide à ceux qui sont dans la gêne. Par conséquent, celui qui rencontre une personne en difficulté a le devoir de la secourir ; sinon, l’amour du prochain ne serait qu’un slogan vide de sens. Il n’y a toutefois aucune obligation particulière à recevoir des invités.

Certains des Premiers décisionnaires considèrent quant à eux l’hospitalité comme une mitzva en soi et pas seulement comme une partie du commandement d’amour du prochain. Il existe un commandement d’hospitalité, et il existe aussi un commandement de visite aux malades. C’est l’avis de l’auteur des Halakhot Guedolot, un des Guéonim babylonien qui furent les chefs spirituels du peuple d’Israël après la clôture du Talmud. Il ne suffit pas, dit-il, d’accomplir cette mitzva lorsque l’occasion s’en présente. Il faut en prendre l’initiative ! Comme Abraham qui, bien que souffrant des suites de la circoncision, se tenait à l’affût à la porte de sa tente dans la chaleur du jour (au lieu d’être confortablement installé à l’ombre à l’intérieur) cherchant à apercevoir d’éventuels passants tant il désirait recevoir chez lui des invités.

Abraham a appris cette mitzva de Dieu Lui-même. Bien qu’il ne soit après tout qu’un simple homme – quelle que soit par ailleurs son importance – Dieu est « venu prendre des nouvelles du malade ». Abraham a compris qu’être proche de Dieu, s’attacher à Lui, c’est se conduire vis-à-vis d’autrui à la manière dont Dieu se conduit avec Ses créatures. Or, ne sommes-nous pas tous bénéficiaires de l’hospitalité que Dieu nous offre dans Son monde ?

Ainsi, accomplir une mitzva au bénéfice de son prochain est certainement de grande valeur pour l’aide et l’assistance immédiate qui lui est dispensée et, en même temps, cela lui permet aussi de progresser moralement et spirituellement et de s’élever à vouloir, lui aussi, le moment venu, accomplir cette mitzva à l’égard de tiers. Ainsi se crée une chaîne du bien.

Shaoul David Botschko

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