1 Tora mi-Tsiyon, Koh’av Yaacov
02-9972023, 02-9974924

Rav Shaoul David Botschko – Parachat Emor – L’importance de chaque jour

Rav Shaoul David Botschko – Parachat Emor – L’importance de chaque jour

À l’écoute de la Thora

La mitzva de la semaine

Parachat Emor

L’importance de chaque jour

La Thora récapitule dans la paracha les fêtes du calendrier et les commandements y afférents, parmi lesquels le compte du ‘Omer  (Lévitique xxiii, 15–16):

« Et vous compterez pour vous du lendemain du Chabbat du jour où vous aurez apporté la gerbe du balancement (‘omer hatenoufa) sept semaines entières il y aura, jusqu’au lendemain de la septième semaine vous compterez cinquante jours et vous apporterez une offrande nouvelle pour Hachem. »

Chaque soir, depuis le lendemain du premier jour de Pessa‘h et jusqu’à la veille de Chavou‘ot nous prononçons la bénédiction : Tu es source de bénédiction, Hachem notre Dieu, Roi du monde, qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a commandé au sujet du compte du ‘Omer, puis nous énonçons le quantième du jour auquel nous sommes parvenus : tel jour, qui équivaut à tant de semaines et tant de jours.

De nombreuses explications ont été données de cette mitzva. L’une d’entre elles parmi les plus importantes concerne la progression quotidienne – et l’effort correspondant – depuis la gerbe d’orge, nourriture animale, apportée le deuxième jour de Pessa‘h et l’offrande de blé – nourriture humaine – apportée à Chavou‘ot, progression qui représente les étapes de l’élévation d’Israël depuis la délivrance physique où, comme pour l’animal, prévalent les préoccupations de survie élémentaire jusqu’à la libération spirituelle, avec le don de la Thora, permettant à l’existence d’être guidée par l’âme divine qui anime l’homme.

Parmi les règles du compte figure celle qui stipule que si on a omis de compter un jour, on ne peut plus continuer à compter en disant la bénédiction. Cette règle témoigne de l’importance de chaque jour. Dans un éphéméride, on arrache la page de chaque jour qui passe et qui n’est plus ; la Thora souligne quant à elle la signification irréductible de chaque jour de l’ensemble pour la personne humaine, de même qu’elle montre comment Chavou‘ot est lié à Pessa‘h et en dépend. La date de Chavou‘ot n’est pas donnée dans la Thora ; on n’y parvient que grâce au comptes des sept semaines qui sont cinquante jours :

  • Pessa‘h est le jour de la délivrance physique du peuple d’Israël du joug de l’Égypte, mais son importance est immense car il faut être libre pour décider d’accepter par libre choix le joug de la Thora. La délivrance physique obtenue à Pessa‘h est la première étape du processus – étape qu’il faut conserver et rappeler – mais qu’il faut aussi dépasser pour aller de l’avant vers l’étape à venir. Car même après avoir reçu la Thora, il y aura encore à penser, à prendre des décisions, à assumer des responsabilités et à progresser. Chaque jour compté ajoute à la personnalité un niveau d’être fondé sur les précédents qui sont donc ineffaçables. Chaque jour est important, précisément parce qu’il fait partie de l’ensemble qu’il construit.
  • De nombreuses règles sont données à Israël à Pessa‘h et Chavou‘ot est le jour de réception de la Thora. Le décompte nous enseigne le lien profond entre le monde de l’action par la pratique des mitzvoth et le monde de l’étude. L’un est impossible sans l’autre. La Thora donne leur sens aux actes sans lesquels la Thora ne peut quitter l’ordre de la théorie pour pénétrer l’ordre de la réalité – de la pratique. Oublier de compter un jour, c’est rompre la continuité. Les jours sont toujours là, bien sûr ; mais c’est notre relation à leur signification qui a été rompue. Nous avons détaché le monde des mitzvoth du monte de la Thora.

Le compte du ‘Omer nous a donc appris trois choses : il exprime d’une part le passage du peuple d’Israël du niveau de la matière à celui de l’esprit. D’autre part, chaque jour a son importance propre, de même que chaque acte particulier. Et enfin, il faut que le monde de l’étude soit indissolublement lié au monde de l’action.

Shaoul David Botschko

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