1 Tora mi-Tsiyon, Koh’av Yaacov
02-9972023, 02-9974924

Rav Shaoul David Botschko – Parachat Chelah Leha – Foi et raison

Rav Shaoul David Botschko – Parachat Chelah Leha – Foi et raison

À l’écoute de la Thora

La mitzva de la semaine

Parachat Chela‘h Lekha

Foi et raison

Maïmonide est souvent désigné comme étant le « Pilier de la foi ». Ses ouvrages, tant le Livre de la Connaissance que ses Introductions ou le Guide des Egarés contiennent l’exposé des principes fondamentaux du judaïsme. Il y traite de toutes les questions essentielles, telle que la foi en Dieu, le caractère révélé de la Thora (Thora min ha-chamayim) et la prophétie.

Or, dans ses Règles de l’Idolâtrie (ii, 3), se fondant sur le verset « et vous n’errerez pas à la traîne de de vos cœurs et de vos yeux » qu’il faut se tenir à l’écart des investigations concernant ces sujets :

« Et ce n’est pas seulement à l’idolâtrie qu’il est interdit de consacrer ses pensées ; nous sommes avertis de ne pas permettre à toute pensée qui pourrait mener à annuler un des principes fondamentaux de la Thora de s’insinuer dans nos cœurs et de ne pas y tourner nos réflexions, de ne pas flirter avec les désirs du cœur parce que l’entendement humain et limité et tout le monde n’est pas en mesure de saisir la vérité dans sa pureté. Et si chacun se laissait entraîner par ses pensées subjectives il risquerait de détruire le monde par l’étroitesse de sa pensée. Comment ? parfois il s’en irait explorer les cultes idolâtres et parfois il se demanderait si Dieu existe et parfois si la prophétie est véridique ou non, si la Thora est révélée ; qu’y a-t-il en haut et qu’y a-t-il en bas, qu’y a-t-il avant et qu’y a-t-il après ? Et, ignorant les règles de l’herméneutique permettant d’atteindre la vérité dans sa pureté, il sombrerait dans l’hérésie. C’est à ce sujet que la Thora a dit : vous n’errerez pas à la traîne de vos cœurs et de vos yeux devenant infidèles. C’est-à-dire : les uns et les autres vous ne suivrez pas vos pensées étroites, s’imaginant découvrir la vérité. Les Sages ont enseigné : à la traîne de vos cœurs, cela, c’est l’hérésie ; à la traîne de vos yeux, cela, c’est l’infidélité. Et bien que cet interdit puisse provoquer sa perte, l’homme n’est pas sujet à la flagellation s’il le transgresse. »

Ce texte de Maïmonide demande à être expliqué. Il est évident que nous devons expliquer les fondements de la foi et d’en donner des explications convaincantes ; c’est bien ça que Maïmonide fait dans ses ouvrages. Mais nous ne devons pas investir toutes nos forces dans ces recherches. L’interdiction d’« errer » vise une exploration qu’on ne sait pas mener à bien et où s’épuisent nos forces.

Bien entendu, lorsque quelqu’un pose les questions qui le préoccupent, il faut prendre le temps de lui répondre. Mais – et c’est là l’essentiel – tout dépend de la volonté à la base du questionnement. Par amour de Dieu, je veux comprendre. Ou alors, je me conduis en touriste excité par la curiosité et je m’en vais explorer les croyances et les cultes pour choisir ce qui me plaît.

L’enseignement de Maïmonide nous prévient : l’intelligence ne suffit pas à fonder la foi. Une part importante revient à la tradition et à notre amour de Dieu et de Sa Thora.

C’est là le lien entre cette mitzva et la paracha de Chela‘h Lekha qui raconte la faute des Explorateurs : leur mission relevait de la tactique – par quelles voies entreprendre la conquête du pays et ils l’ont trahie en se posant en décideurs, faut-il ou non la conquérir ?

La foi ne peut pas être fondée sur la recherche intellectuelle ; mais l’homme est doué de raison et il mérite certainement de recevoir des réponses intelligibles à ses questions.

Shaoul David Botschko

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