1 Tora mi-Tsiyon, Koh’av Yaacov
02-9972023, 02-9974924

Rav Shaoul David Botschko – Parachat Vayehi – Être enterré en Israël

Rav Shaoul David Botschko – Parachat Vayehi – Être enterré en Israël

À l’écoute de la Thora

La mitzva de la semaine

Parachat Vaye‘hi

Être enterré en Eretz Israël – exigence adressée à la postérité

La paracha de cette semaine relate la morts de Jacob et de Joseph en terre étrangère. Tous deux formulent la même demande : être enterré en Israël. Jacob demande à y être ramené de suite alors que Joseph que ses ossements y soient ramenés lorsque sera venu le temps pour Israël de rentrer chez lui.

Pourtant, la mitzva n’est pas de venir en Israël après la mort, mais d’y vivre. Toutefois, la halakha stipule l’importance d’y être enterré ; Maïmonide (Règles des rois, V, 11) écrit :

« Nos Maîtres ont enseigné que “les fautes de quiconque réside en Eretz Israël sont pardonnées […]. Celui qui y a marché ne serait-ce que quatre coudées mérite le Monde à venir ; de même, celui qui y est enterré reçoit l’expiation comme si le lieu où il se trouve était l’autel expiatoire […]. Les Châtiments annoncent ‘tu mourra en terre impure’. Mais y être enterré après y avoir vécu et y être mort n’est pas semblable à y être amené pour y être enterré. Toutefois, les grands parmi les Sages y amenaient leurs morts. Prends exemple sur Jacob notre Père et sur Joseph le Juste.” »

Maïmonide souligne que l’essentiel de la mitzva est de vivre en Israël. Celui qui y vit même lorsque la majorité du peuple est en exil est appelé « fils du Monde à venir ». Par sa présence dans le pays que Dieu a juré à nos ancêtres il devient associé à la manifestation de la vérité de la Thora. Cependant, bien que tel soit l’essentiel, la paracha enseigne qu’être enterré en Eretz Israël possède aussi une signification importante. Elle expie les fautes – en particulier celle qui consiste à avoir vécu ailleurs, manière de vivre qui est comme un déni ou un refus du don de Dieu.

La dernière demande de Jacob : être enterré en Eretz Israël, exprime comme un cri de douleur le fait que la place exclusive de tout Juif est en Eretz Israël et qu’il n’est venu en Égypte que contraint par la Providence. Plus tard Joseph, le maître tout-puissant de l’Égypte suppliera ses frères de ne pas l’oublier au temps de la Délivrance et de ramener ses ossements avec eux, affirmant et déclarant ainsi de l’Égypte n’est pas sa patrie. Cette demande insuffle à tous la certitude que viendra la Délivrance.

L’enterrement de Jacob en Eretz Israël empêche que l’identité de ses enfants se dissolve en Égypte et la demande de Joseph raffermit leur cœur afin de ne pas désespérer de la Délivrance. Leur Père n’est pas avec eux en Égypte : il les attend au pays, en Israël et son fils bien-aimé est tendu dans l’attente d’y revenir.

Celui qui demande à être enterré en Eretz Israël demande de fait à ses descendants de réparer pour lui ce qu’il n’est pas parvenu à faire de son vivant – vivre en Eretz Israël.

Shaoul David Botschko

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