1 Tora mi-Tsiyon, Koh’av Yaacov
02-9972023, 02-9974924

Parachat ´Eqev – Rav Avihaï Nahum Botschko

Parachat ´Eqev – Rav Avihaï Nahum Botschko

Parachat Eqev

« Tu mangeras et tu te rassasieras et tu béniras »

La paracha décrit l’abondance matérielle promise par Dieu lors de l’entrée en Eretz-Israël. Après avoir chanté la louange du Pays, la Thora déclare (Deut. viii, 10) : « Tu mangeras et tu te rassasieras et tu béniras » ; c’est de là que nous apprenons l’obligation de la « bénédiction après le repas ».

Le Birqat Hamazone, nous le savons bien, est une longue bénédiction que certains considèrent comme fastidieuse, au point de s’abstenir de pain pour échapper à cette obligation. On a même inventé pour cela des petits pains dits « mézonoth » accompagnant de véritables repas.  

Les Sages ont défini la liturgie du birqat hamazoneimposé par la Thora. Elle comporte quatre bénédictions distinctes : 

Rabbi Nahman a enseigné : Moïse a institué la bénédiction pour la nourriture lorsque la manne est descendue du ciel ; Josué a institué la bénédiction pour la Terre lorsqu’ils sont entrés en Eretz-Israël ; David et Salomon ont institué la bénédiction pour la grande et sainte Maison. La bénédiction pour Celui qui est bon et qui fait le bien a été instituée à Yavné eu égard aux victimes de Bétar : « Celui qui est bon » parce que leurs cadavres ne se sont pas décomposés, et « qui fait le bien » parce qu’ils ont finalement pu être enterrés.

Nous voyons bien que le sujet de chaque bénédiction est différent et chacune vient remercier Dieu pour un bienfait spécifique. Pourquoi les Sages ont-ils institués ces actions de grâce en particulier après le repas ?

Il semblerait qu’ils veuillent nous sensibiliser au fait que même les actes les plus triviaux et les plus simples du quotidien doivent être reliés aux idéaux les plus sublimes et les plus hauts. Le pain, qui constitue l’élément fondamental de notre alimentation peut abaisser l’homme ou l’élever. Si l’homme mange en glouton effréné il tombe au niveau de l’animal mais il est aussi en son pouvoir de donner au fait de manger une signification noble et sublime.

Dans son commentaire du birkat hamazone le rav A.I. Kook explique le sens de chaque bénédiction : 

La bénédiction pour la nourriture concerne la reconnaissance du fait que Dieu est la source de la nourriture quotidienne de toute créature.

La bénédiction de la Terre est la dimension nationale physique, du peuple d’Israël dans le pays d’Israël.

La bénédiction de Jérusalem instituée par David est la dimension nationale spirituelle du peuple d’Israël et Salomon la complétée en l’élevant à la dimension universelle du peuple d’Israël dans la grande et sainte Maison, dont la mission ultime est de réaliser la vision : « afin que sachent tous les peuples de la terre que c’est Hachem qui est le Dieu et qu’il n’en est point d’autre. »

La bénédiction du bon qui fait le bien a été instituée pour instiller en Israël l’espérance en la Délivrance même dans les périodes les plus dures de l’exil ; elle exprime le fait que bien que la dimension nationale soit absente en exil, elle persiste en puissance au cœur de la nation et c’est ce que signifie le fait que « les tués de Bétar ne se sont pas décomposés ». Le fait qu’ils aient pu être enterrés exprime la notion de la résurrection nationale (en parallèle avec celle de la résurrection des morts) : viendra le temps où la nation reprendra son rang pour proclamer le Nom de Dieu dans le monde. 

Pour conclure, nous voyons que la bénédiction après le repas contient tous les éléments fondamentaux du Service de Dieu, depuis la gratitude la plus élémentaire de tout un chacun pour l’abondance dont Dieu le gratifie, en passant par la dimension nationale, physique et spirituelle, de la nation d’Israël et jusqu’à la finalité universelle de peuple de prêtres et nation sainte pour invoquer le Nom de Dieu. 

Efforçons-nous tous de bien comprendre l’immense profondeur de signification du birqat hamazone et réjouissons-nous de chaque occasion qui nous est donnée de le réciter et de relier notre nourriture matérielle aux dimensions les plus hautes menant à l’Infini.

Chabbat Chalom

Nahum Botschko

 

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